[Animasia 2011] Du théâtre et de l’ethnocentrisme francilien

Note préliminaire : toi aussi, apprends le langage du sud avec « charmante », « chocolatine » et « poche ».

Ce début d’octobre accueillaient deux conventions en France. L’une se trouvait à Paris et se nomme simplement (et presque hors-sujet quand on voit les invités) Paris Manga ; l’autre se trouvait à Pessac, près de Bordeaux, et se nomme Animasia.
Par un hasard du calendrier, le festival Animasia 2011 se déroulait le même week-end que Paris Manga. J’ai appris bien plus tard que Paris Manga accueillait des invités un poil plus intéressant que d’habitude tels que de reconnaissable comédiens de doublage français, des acteurs de séries populaires ou des mangakas et producteurs d’animes. Et surtout, la présence du stand Good Smile Company et de la diffusion en avant-première de Fate Zero en a fait vibrer plus d’un (aussi bien au sens positif que négatif). Mais je laisse d’autres en parler vu qu’ils y étaient.

Cependant, bien que je sois localisé en Ile-de-France, l’idée de parcourir 600 bornes a été très facile à accepter. En effet, la « soirée d’inauguration » du festival était l’adaptation inédite au théâtre du premier tome du light novel La mélancolie de Haruhi Suzumiya. Cette représentation a été le travail d’une année par l’association Mandora, qui est d’ailleurs l’instigateur du festival Animasia. Cet événement est le plus important de ce type dans la région aquitaine, avec plus de 4500 visiteurs en 2010 et une quarantaine de stand sur 2000m².

Étant accompagné de quelques collègues quelques heures avant le début de la représentation (soit le jeudi soir), histoire de pouvoir donner d’éventuels coups de mains, nous étions chaleureusement accueillis par la troupe de comédiens qui étaient déjà bien dans leurs rôles. Entre se faire backstab par celle qui joue Ryouko Asakura et se faire enguirlander dès notre arrivée par la comédienne de Haruhi, cela sentait la bonne humeur malgré les montées de trac.

La pièce se déroulant dans la salle « Le Royal » de Pessac (il fallait bien un tel nom pour Haruhi :p), la capacité totale pouvait atteindre plus de 200 places. Ce qui était largement insuffisant puisqu’il y a eu des gens debout… ah, on me dit à l’oreillette que ces gens debout étaient les comédiens sur scène. Plus sérieusement, le public était présent et très attentifs. Il me semble qu’une centaine de places a été prise malgré la relative publicité, le lieu/la région ainsi que le jour de la représentation. En effet, cette « soirée d’inauguration » se déroulait le jeudi soir, soit pas forcément le meilleur des jours pour un festival et pour une pièce de théâtre amateur. La troupe de comédien est amateur mais pas si dénuée de talent, de professionnalisme et d’envie ; certains ayant un peu de bouteille dans le théâtre.

De gauche à droite : Haruhi, Mikuru, Kyon, Ryouko, Yuki, le président du club d'informatique, Taniguchi, le professeur Okabe et Itsuki

En ce qui concerne le casting, on peut légitimement se demander s’il n’était pas plus judicieux que X soit à la place de Y pour tel personnage. La plus grande différence se trouvant dans la taille des comédiens : Haruhi faisant une tête de plus que Kyon, ou Taniguchi dépassant le mètre 90. Mais au vu de la performance, cette répartition des rôles est plutôt judicieuse. Les personnalités ressortent bien, les comédiens rentrent facilement et naturellement dans leurs rôles, les scènes sont croustillantes bien que vraiment cheap et les textes sont bien adaptés. Nous avons eu affaire à une parfaite Mikuru jouant son rôle aussi parfaitement que dans la série, à un étonnant combat de catch entre Ryouko et Yuki en guise de duel ou à une explication maligne des espaces clos et des avatars par Itsuki grâce à des métaphores via un jeu d’échecs. À noter que la comédienne de Ryouko a confié qu’elle la jouait car elle voulait un rôle de psychopathe (je vous le dis, c’est le naturel qui revient au galop). :D

Ce genre de concept est génial mais très casse-gueule dans la réalisation. Il faut savoir adapter le roman, ces environnements et ces lieux dans un minimum d’espace, avec donc le moins de changement de décor possible, que les textes soient compréhensibles et facilement mémorisables, que la pièce ne dure pas trop longtemps… Bref ! Savoir faire des concessions sans pour autant dénaturer l’oeuvre d’origine. Mais le résultat final est finalement positif. La troupe a réussi à retranscrire le roman avec les handicaps inhérents à une scène de théâtre. La pièce est de bonne qualité, elle est respectueuse et adapte très bien l’oeuvre d’origine, n’hésitant pas à rajouter des petites phrases et quelques running gag rafraîchissants. Plus qu’une bête adaptation, la plus-value est au rendez-vous. On sent vraiment l’effort pour cette pièce. Bien sûr, ce n’est pas parfait. Il y a quelques petits ratés et l’aspect vraiment cheap est omniprésent mais rien de grave.

Cliquez pour bien lire les dédicaces (détail involontaire : La Disparition de Haruhi Suzumiya)

Après un Hare Hare Yukai en guise de fin de pièce et une courte présentation des comédiens sous les applaudissements, il y a eu apparition et présentation de la Brigade SOS Francophone, puis un petit quizz de quelques minutes pour savoir si le public a bien retenu l’histoire. Force est de constater que même les non-puristes, soit la majorité du public, ont apprécié la représentation et ont retenu les détails de l’histoire.

Edit : à noter que la représentation a été filmé (par plusieurs caméras) et sera disponible aussi vite que possible. Soit, à une date inconnue.

Le vendredi, soit le lendemain de la pièce de théâtre, le festival continuait avec des ateliers. Le thème de ce festival étant la découverte de l’Asie de manière ludique et pédagogique, Animasia se passe aussi dans les salles de classes. En effet, des journées scolaires ont lieu, elles s’adressent aux classes de maternelle jusqu’aux classes de lycée et propose une programmation choisie et développée en accord avec les enseignants. Évidemment, je ne suis pas allé et je doute qu’on y puisse (mais à la place, visite des caves à vins de Bordeaux :p).

Voilà venu le samedi 1er octobre, soit la véritable ouverture de la convention au public. Autant vous dire de suite : il n’y a pas grand chose à dire sur la convention en elle-même. La salle Bellegrave (un nom pareil, ça vend du rêve hein) acceuillait principalement les stands professionnels et de jeux-vidéo dans ce qui est une grande salle des fêtes (avec scène surplombant le tout). Comme d’habitude, des stands fanzines sont presque au coin de la salle et se compte sur une main de mutant ; ce qui n’est vraiment pas mal quand on voit le nombre de stand total. Rien ne m’a donné envie de m’intéresser de plus près (que ce soit en stand pro ou amateur), mais ça c’est une question de goût.
La salle Bellegrave accueillait à l’unique étage supérieur des ateliers, une exposition de photo et des salles de projection, et de rencontre avec des artistes. Pas d’artiste à faire bousculer les foules, mais le talent est là. Pour les ateliers, il fallait s’inscrire bien avant le début du festival via e-mail et certains étaient symboliquement payant (1€ pour un atelier bonsaï ou 2€ pour un atelier bento par exemple). Concernant les projections, nous avons eu droit à des animes, des documentaires et des dramas. En animes, c’était du Azumanga Daioh, Gigi et Les Mystérieuses Cités d’Or. De plus, la projection « vedette » et surtout surprise fut un épisode de K-ON! ; qui paraît-il, était en VF.
La convention se déroulant à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur de la salle, c’est en défiant les forces de la nature que les stands activités s’y trouvaient. Se voulant être dans une ambiance de festival, les gens qui rentraient devaient passer cette allée et longer les divers stands pour arriver à l’intérieur.

Pour une convention de province, j’étais assez surpris de voir autant de monde dans la file d’attente (pur ethnocentrisme francilien, que voulez-vous :o). Qui plus est, cette file mais aussi et surtout la plupart des stands extérieurs a enduré les 30°C en pleine face pendant les deux jours à cause d’une exposition plein sud. La première journée était curieusement à majorité pour « jeune amateur d’animation », tandis que la seconde voyait arriver une génération plus agée qui venaient voir un événement plus axé sur la culture asiatique.

Point de vue exposant, c’était très sympathique malgré l’affreuse chaleur. Outre la merveilleuse idée de servir un pain au chocolat une CHOCOLATINE (!!!!!!) aux exposants durant l’installation des stands, cela s’est passé comme dans n’importe quelle convention de province et/ou agréable. Les orgas aussi étaient très sympas et surtout attentifs malgré (paraît-il) leur faible nombre. Comme dans n’importe quelle convention, on sentait qu’ils étaient un peu trop débordé malgré le nombre de bénévoles.
L’édition 2011 d’Animasia était donc sympathique et tranquille, malgré une impression d’avoir très très vite fait le tour.

Bonus files : thanks Sed’ & Jun Watarase with a Famicom.

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3 commentaires pour [Animasia 2011] Du théâtre et de l’ethnocentrisme francilien

  1. Amo dit :

    NON PAS CE FOUTU DÉBAT PAIN AU CHOCOLAT VS CHOCOLATINE.

  2. Z-Master dit :

    Ici le metteur en scène de la pièce ! (Et Itsuki, pour vous servir.)
    Merci pour la critique positive, et juste, de notre pièce, encore une fois on est super content que ça ait plu, malgré les ratés et imprévus. Sachez que les dernières semaines ont été éprouvantes et qu’on imaginait un résultat bien pire que ça !
    Pour ceux qui sont frustrés de ne pas l’avoir vu, la troupe est motivée pour faire d’autres représentations et on cherche des endroits pour se produire. Ce sera déjà en un premier temps sur Bordeaux, mais on essaiera de s’excentrer vers les endroits où l’on parle de « pain au chocolat » (Malheur !)

    Merci encore à tous ceux qui sont venus, notamment à la brigade SOS Francophone !

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