[De Littlewitch à Tenco] Empire : Total Moe War

Note préliminaire : non, il n’y a pas d’addon moe avec Empire : Total War. Par contre, il en existe sur Hearts of Iron II. :3

J’ai une affection toute particulière pour les « déformations historiques » (ce n’est pas la bonne expression, mais on va faire avec). Étant moi-même passionné d’histoire militaire et politique, j’aime beaucoup lire, regarder et imaginer si tel événement ne s’était pas produit. Qui plus est, je vous avouerai même avoir failli effectuer une (double) licence d’histoire (et de géographie) à la Sorbonne tant ce domaine m’intéresse. Mais comme tout passionné, il y a un moment où cette passion devient tellement dévorante en temps et en argent qu’il est préférable de se brider afin d’avoir encore une vie sociale. C’est pour cela que je me force à lire ou regarder le moins possible d’uchronie, d’anticipation, de dystopie ou même de simple récit d’événements pour éviter de retomber dans un cercle vicieux.
Mais je ne suis pas que passionné d’histoire, et comme vous vous en doutez, je suis aussi un passionné d’anime et de manga. Cette passion se révèle être encore plus dévorante et me limiter devient nettement plus difficile.

De cet état de fait, je suis donc encore plus intéressé quand ces deux passions n’en font qu’un. L’article sur Daiteikoku, un eroge parodiant la seconde guerre mondiale en milieu spatial, temoigne de mon attirance toute particulère pour ce genre de mixte amusant. Je n’irai pas à dire que je m’intéresse à tous types de séries évoquant de près ou de loin l’histoire contemporaine et/ou occidentale, mais cet aspect-là est suffisant pour m’éveiller quelques neurones de surveillance.
C’est ainsi qu’en vaquant à mes occupations sur l’actualité otakuesque, un article en moonspeak m’interpelle. Celui-ci ne disposait certes de très peu d’informations, mais suffisamment pour que le rapide coup d’oeil se transforme en un immense délire.

Mesdames et messieurs, je vous présente le jeu Eiyuu*Senki !

Affiche Eiyuu Senki

Eiyuu*Senki est donc un eroge parodiant l’histoire avec un grand H (erm). Contrairement à un Sengoku Rance parodiant la période Sengoku, ou à Daiteikoku avec la seconde guerre mondiale dans son ensemble, Eiyuu*Senki privilégie plutôt les héros et les personnages plus ou moins célèbres qui ont traversé, d’une façon ou d’une autre, l’histoire. C’est ainsi que nous pouvons retrouver pêle-mêle Aristote, le roi Arthur, Beethoven, César, Marco Polo, Napoléon ou Raspoutine (\o/ ~o~ \o/ … erm). Je reviendrai plus en détail sur la liste des personnages, et surtout, à quoi ils ressemblent. :3

À l’heure où je poste, le jeu n’est tout simplement pas encore commercialisé. Outre sa date de sortie prévue et le nom du studio, soit le 3 mars 2012 et le studio Tenco, seules des bribes d’informations sur les sites spécialisés évoquent ce futur nouveau jeu. Ce qui en ressort d’intéressant pour ces sites n’est pas forcément le concept du jeu, mais plus le staff à l’origine du visual novel.
En effet, ce sont des anciens du studio Littlewitch qui sont aux commandes d’Eiyuu*Senki. Les plus férus de visual novel connaissent le nom de ce studio par leur deux plus importants jeux que sont Shirotsumesouwa – Episode of the Clovers – et surtout Quartett! (respectivement sorti en 2002 et 2004). Ce dernier s’est d’ailleurs très bien vendu et a grandement contribué à la renommé du studio. Malheureusement pour eux, les prochains jeux n’eurent pas autant de succès. En effet, la baisse successive des ventes de jeux eurent raison des titres tels que Rondo Leaflet, Period, Shoujo Mahou Gaku Little Witch Romanesque et enfin, le dernier jeu en date, Sugar Coat Freaks.

Depuis, Littlewitch a fait faillite. Enfin, presque. Communication oblige, le studio n’a qu’officiellement annoncé qu’il cessait de développer des jeux jusqu’à nouvel ordre. Bref, le studio est décédé. Mais pas sa main d’oeuvre ! La maison-mère de Littlewitch, MONOCHROMA, a en effet décidé de créer un nouveau studio du nom Tenco (non, pas la compagnie d’énergie).
À la tête du nouveau jeu de Tenco, nous retrouvons quelques anciens et coeur même de ce qui faisait la popularité de Littlewitch : Fujihara Yasuki (Akatoki) en tant que scénariste mais surtout Ooyari Ashito, alias Nocchi, en tant que dessinateur. Le trait particulier et très reconnaissable de Nocchi permettra à coup sûr que le jeu sera (re)connu aux habitués de visual novel (tout au moins, ceux qui ont déjà vu un artwork du superbe Quartett!). Cependant, son style évolue de sorte que son trait se reconnaît malheureusement moins à ses précédents travaux et surtout, qu’il se démarque encore moins de la concurrence. De là à ce que le jeu soit un succès, l’avenir seul nous le dira…

Eiyuu*Senki est donc un jeu de stratégie parodiant les personnages historiques célèbres. Il propose de jouer avec plus de 60 personnages de plusieurs époques et originaires de 20 pays différents. Cependant, il existe quelque variations et erreurs que l’on peut remarquer via le trailer et le choix des personnages. J’y reviendrai plus tard.

Le système de jeu est toutefois classique compte tenu des informations dont on dispose. Il se compose de deux phases que sont la partie conquête militaire et vie quotidienne. Cette dernière n’a rien de transcendante hormis l’interaction étonnante des personnages historiques genderswapé. Tout comme dans Daiteikoku ou d’autres parodies de ce type, il est fort à parier que le comportement et la découverte de la moefication des personnalités font partie des grands avantages de ce titre.

L’aspect militaire se compose de deux phases : stratégique et tactique.
Stratégique par le biais d’une carte du monde représentant des territoires d’importance stratégique par leur liaison à d’autres régions voisines. Classique, c’est à partir de cette mappemonde que l’on sélectionne les territoires que l’on veut attaquer, les armées que l’on veut améliorer et les events que l’on veut sélectionner.
L’aspect tactique consiste en un plateau de 6 cases de longueur sur 3 cases de largeur. Les 6 cases de longueur sont divisés par 2 pour différencier les deux camps qui se font face, et chacune de ces 3 cases restantes correspondent à la distance qu’une armée peut agir. C’est ainsi que les archers se positionnent le plus à l’abri afin d’attaquer l’ennemi, tandis que les épéistes sont en premières lignes. Chaque engagement durant la bataille remplis une barre spéciale qui, chaque fois qu’elle est rempli, donne des points permettant d’effectuer des attaques spéciales spécifiques à chaque personnage. Et bien sûr, chaque bataille ne peut durer éternellement. Elle se compte par tour d’action qui se réduient au fur et à mesure des engagements. Toujours d’après le trailer, il semblerait que le compte à rebours commence à partir de 25 actions avant la fin des hostilités.

Mais trève de bavardages, le plus important ici, c’est à quoi ressemblent nos héros ! Plus que des mots, voici les chara-designs made by Nocchi (cliquer/ouvrer des onglets pour la pleine mesure de la parodie) :

(Et non, pas Hitler, de Marx ou de Staline. Dommage hein ?)

Comme vous avez pu le remarquer, chaque personnage n’a pas été dessiné au hasard. Du design des vêtements (l’habituelle tenue noire de Colomb), aux accessoires (le casque audio de Beethoven) et aux petites références (l’eyepatch d’Hannibal) en passant par leur comportement (Néron en magical girl), chaque personnage possède les caractéristiques propre à leur histoire (l’énorme gantelet de Bedivere cachant sa main coupée) et légende (le lion d’Yvain ou l’aura mystique de Raspoutine).
Évidemment, certaines de ces personnalités ne sont même pas connues des amateurs d’histoire ; et encore moins du grand public. Mais il est appréciable qu’un tel effort a été fait pour coller le plus possible au personnage, même si la plupart des joueurs ne capteront sûrement pas la référence.

Au passage, vous remarquez également que les dernières images ne sont pas « commentées » : je ne lis pas le japonais, donc je ne peux dire à quoi correspondent ces personnages. Les seules que j’ai reconnu sont Oda Nobunaga et Minamoto no Yoshitsune. Si vous savez quelles sont les autres, n’hésitez pas à le signaler~

Edit : OK c’est bon. o/

(En réalité, C.C. de Code Geass s’appelle Marco Polo)

Plus haut, j’avais évoqué des erreurs et des variations dans la fidélité historique d’Eiyuu*Senki. En effet, pour des besoins de commodité, tous les personnages ne représentent pas forcément leur pays. Ne serait-ce que le coup des différentes époques, cela poserait de base un gros problème de cohérence (notamment géopolitique).
C’est ainsi que les personnalités d’Europe continentale sont unies sous une seule et unique bannière qui est l’Union Européenne, que le Royaume-Uni s’appelle « Britannia », que le Japon se nomme « Zipang », qu’une nation aussi rigolote que celle des pirates existe ou que Nostradamus ne fait partie d’aucun pays tellement il est la tête dans les étoiles.
De plus, des exceptions sont remarquables comme un Lancelot appartenant au Japon, un Artistote pour la Macédoine ou un Marco Polo pour la Mongolie. Plus que des erreurs, ce sont surtout des références qui justifient ces changements. Le cas de Lancelot pourrait faire écho à ses années d’errement après l’affaire avec Elaine ; Aristote est certes grec, mais il a aussi été précepteur du macédonien Alexandre le Grand ; de même pour Marco Polo : vénitien, il fait partie de la Mongolie à cause des services apportés à Kubilai Khan.
Par contre, les cas de Jehanne d’Arc et de Vlad III sont pour l’instant inexplicable. Qui plus est la faute à son nom de famille (« Darc » ; et l’orthographe de son prénom est correct car d’époque), il n’y a rien qui justifie, de près ou de très loin, pourquoi une française et un russe ont à voir avec l’Australie.

Mais bon. Nous aurons sans doute notre réponse en jouant au jeu (et en ayant sa traduction~). De même que les informations et les avis sur Eiyuu*Senki de cet article ne sont que virtuellement véridique. Certains détails ou hypothèses pourraient devenir caducs à partir du 3 mars 2012. Bref, nous ne pouvons qu’espérer que j’arrête d’écrire de tels pavés à l’avenir le jeu soit un succès, et que Nocchi dessine toujours aussi bien.


(Je suis devenu bonapartiste :3)

[HS]
En attendant, j’ai joué à la preview/prologue de Cradle Song (ne durant qu’une demi-heure). Un visuel rafraichissant et se démarquant de la concurrence, une interface très classe façon monde futuriste, une bande son réussie et efficace, un scénario qui laisse entrevoir un bon potentiel et une mise en scène vivante, il a tout pour être un très bon visual novel. J’en parle au conditionnel puisqu’il est encore en développement. Seule la preview est disponible en anglais (et même sous Mac et Linux !) et je ne peux que vous conseiller de l’essayer.
[/HS]

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5 commentaires pour [De Littlewitch à Tenco] Empire : Total Moe War

  1. Chadauw dit :

    Ca m’a l’air rigolo comme jeu :)

    Pour les personnage ???, je trouve dans l’ordre : Ishikawa Goemon (sorte de Robin des bois japonais), le bonze Xuanzang (du Voyage en Occident), Sun Tzu (grand stratégiste militaire chinois), Lü Bu (général chinois, personnage de l’Histoire des trois royaumes), Qin Shi Huang (empereur fondateur de la dynastie Qin), Saitō Musashibō Benkei (Guerrier japonais), le protagoniste (ne corresponds a aucun personnage célèbre), Himiko (reine japonaise, supposée descendante d’Amaterasu), Tadataka Inō (créateur de la première carte du Japon), Abe no Seimei (grand onmyōji) et Yamato Takeru (prince japonais).

    ‘Tain, j’en apprends avec les eroge.

  2. Nautawi dit :

    Ajouts effectués. Merci beaucoup Chadauw.
    J’aurais dû au moins trouver Sun Tzu. C’te honte. :o

  3. Corti dit :

    >>Comme vous avez pu le remarquer, chaque personnage n’a pas été dessiné au hasard.

    Moui. J’ai la flemme d’ouvrir toutes les images, mais je n’ai pas l’impression qu’ils se soient foulés non plus. Ça fait plus genre qu’ils ont mis un élément pour faire style et différencier les persos et pis basta :p

    De toute façon, le mass-genderswaping, ça ne m’intéresse pas trop, je dois le reconnaître.

  4. Nautawi dit :

    Corti > Il se suffit de peu chose pour transformer un personnage et le faire « aimer ». Dans notre cas, c’est plus mettre une ou deux références dans ces accessoires, vêtements et comportement visible. Le reste et la plupart du délire provient avant tout de la manière comment on considère les personnages de base. Mais ça, faut entrer dans la cible pour mieux ressentir la parodie.
    (Vu que je sais que tu connais ça) Le délire des RER-tan en est un exemple typique.

  5. Amo dit :

    POURQUOI JEANNE D’ARC EST AUSTRALIENNE DDDDDDDDD: .

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