[Usamaru Furuya] Short Cuts

Note préliminaire : ceci n’est que la deuxième partie des trois articles.

Short Cuts est une série comique d’histoires courtes (appelé « cuts« ) ne faisant généralement qu’une à deux pages. Originellement publié entre 1998 et 1999 dans le Weekly Young Sunday, ces centaines de petites histoires ont été regroupé pour être sorti en manga de 2 volumes. En général, ces cuts peuvent se lire en standalone malgré les réapparitions de certains personnages, des running gag, des thèmes récurrents et de quelques suites directes.

Short Cuts fait partie des oeuvres se situant dans la moyenne des oeuvres user-friendly de Furuya, dans le sens où l’ambiance et la portée légère des histoires restent grand public — en opposition à des oeuvres plus adulte et donc pour un public moins « large ». Mais cela s’arrête là : la série a beau être théoriquement pour un plus grand public que d’habitude, elle n’est absolument pas plus facile d’accès.
Bien que la plupart des histoires comiques sont absurdes et surréalistes, et donc d’un degré de comique particulier, elles restent globalement compréhensible et drôle tant la narration et les registres graphiques sont maîtrisé, et les thèmes larges et familiers… tout du moins pour les japonais et otakus. Et évidemment, c’est pas du niveau d’un enfant de 10 ans. Il est même vivement conseillé d’avoir une bonne culture (japonaise) et d’être un adepte de l’humour au sens large (ce qui inclut l’humour absurde et noir) pour apprécier Short Cuts.

(lecture de gauche à droite)

Brassant et taclant des thèmes aussi larges que familiers comme les coutumes, les comptines, les expressions, les habitudes, les banchô en tant qu’espèce en danger de disparition, les séries TV pour enfant ou culte — notamment Taiyo no Hoero —, les futiles discussions de lycéennes, les clichés ou la culture sous toutes ses formes, Short Cuts parvient à évoquer avec humour et avec maîtrise scénaristique les thèmes qu’il aborde. Il est moins « transgressif » et original que Palepoli, mais il est sans doute plus user-friendly pour les otakus par le thème de base. Encore par rapport à Palepoli, les blagues potaches, les parodies, les trompe-l’oeil, les jeux de mots, le surréalisme et l’absurdité sont encore encore au rendez-vous pour prendre en dérision les thèmes qu’il aborde.
Bien que le brassage soit remarquable, le thème de base de ce titre reste d’après l’auteur la culture jeune et la kogal japonaise, soit le détournement des références modernes japonaise dans son ensemble. Tout comme pour l’édition française de Sayonara Monsieur Désespoir, l’édition américaine possède un lexique expliquant les références pour comprendre chaque gag ; à la différence près que ces explications sont en fin de chapitre plutôt qu’en fin de volume.

Je parle de « maîtrise scénaristique » car ce qui marque chez Furuya, outre sa maîtrise des registres graphiques, c’est sa capacité arrive à raconter une histoire et donc à nous surprendre. Ici, plus que par son imagination, il nous surprend par ses développements humoristiques absurdes mais surtout intelligents, par ses liens et jeux de mots géniallissimes, par ses détournements narratifs réussis et ses retournements de situations surprenants.

(lecture de gauche à droite)

Short Cuts est donc une oeuvre intéressante car peu sont les séries à faire preuve d’autant de détournement, d’imagination et de maîtrise de la narration. Dans presque toutes les oeuvres de Furuya, il dépeint une population japonaise devenues fragmentées et superficielles. Short Cuts ne déroge pas à cette règle implicite mais possède un aspect moins « direct » et malsaine que peuvent l’être Hikari Club, L’âge de déraison ou Je ne suis pas un homme.
Malgré tout, le manga peut sembler rapidement lourd à cause du trait graphique de Furuya, d’un humour (absurde et surréaliste) pas si délirant au premier abord, d’un essouflement dans le second volume du manga et surtout d’un besoin de connaissance des multiples références que parsèment la série.

Bonus : les jeunes, n’oubliez pas que le futur est entre vos mains !

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3 commentaires pour [Usamaru Furuya] Short Cuts

  1. Ping : [Usamaru Furuya] De l’avant-gardisme grand public | God only knows

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  3. Ping : [Usamaru Furuya] Genkaku Picasso | God only knows

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