[Arpeggio of Blue Steel] De la personnification des navires de la seconde guerre mondiale

Note préliminaire : ne me demandez pas le rapport entre arpeggio et la série, j’en ai aucune idée.

Arpeggio of Blue Steel, ou Aoki Hagane no Arpeggio en VO, est un manga toujours en cours de parution du studio Ark Performance. Commencé fin septembre 2009, il compte à l’heure où j’écris une trentaine de chapitre et cinq volumes reliés.
Nous suivons l’histoire d’un équipage particulier de sous-marin luttant contre une mystérieuse flotte à la technologie avancée, dans un monde où les mers ont englouti plus de la moitié de la surface terrestre.
La grande particularité de ce manga n’est pas son scénario ou son contexte, mais le fait que chaque bâtiment de guerre « ennemi » est une copie conforme aux navires de la seconde guerre mondiale et que leurs commandants sont les personnifications mêmes de ces vaisseaux.

Début du 21ème siècle, à cause du réchauffement climatique, la Terre a perdu plus de la moitié de sa surface terrestre. En parallèle à cette catastrophe naturelle, de mystérieux navires de guerre aux armes sophistiquées font leur apparition à travers le monde.
Communément appelée « Flotte du brouillard », cette mystérieuse flotte expulsa l’humanité des mers et océans grâce à sa formidable avance technologique et impose depuis un blocus maritime et aérien total.

17 ans plus tard, Gunzou Chihaya et son équipage à bord du sous-marin I-401 ont commencé à combattre la Flotte du brouillard. Sous-marin servant autrefois dans le camp ennemi, Iona, la personnification et donc le « modèle mental » du navire, est la seule unité du Japon à pouvoir faire face efficacement aux navires de la Flotte du brouillard.
C’est dans cette perspective que Gunzou Chihaya et son équipage, les seuls pouvant « utiliser » Iona, se voient confier une mission de la plus haute importance : emporter à travers le Pacifique les plans du prototype de la seule arme humaine efficace afin de pouvoir le produire en masse.

Ark Performance est un groupe de dessinateur composé de Kenji Mitsuyoshi et de Koichi Ishikawa. Avant de travailler sur Arpeggio of Blue Steel, ils sont relativement connus pour avoir fait deux mangas sur l’univers Gundam avec Le Retour de Johnny Ridden et Le complot d’assassinat Gihren, ainsi que Samurai Commando : Mission 1549 – un presque remake Des guerriers de l’apocalypse.
Leurs expériences dans le mecha design, les installations, le matériel et les tactiques militaires acquises avec ces précédentes séries leur ont servi dans Arpeggio of Blue Steel. Même si le point alléchant de l’œuvre est la personnification des navires de guerre, les véhicules et les installations militaires ne sont pas mis de côté puisqu’ils bénéficient d’une attention particulière : les auteurs sont des otakus militaire. Ils sont de nature futuriste – pas les auteurs hein – avec des chars d’assaut à pattes, des ports militaires complexes et cachés dans plusieurs strates dans le sous-sol, des armes déjà opérationnelles alors qu’ils sont encore au stade de la théorie en réalité ou même des androïdes maids – fallait que je l’écrive :3.
Mais ce n’est clairement pas la raison de commencer cette série, même s’ils participent efficacement à l’ambiance militaro-futuriste du titre.

Plus que bien dessiné, les navires de guerre sont visuellement fidèles au détail près. Très de peu de partie même insignifiante comme les canons et mitrailleuses antiaériennes, les antennes radios ou de simples câbles ne sont laissées de côté. Les auteurs se revendiquent otakus militaires et ils le prouvent avec un degré de fidélité assez impressionnant. C’est en partie pour cela que lire le manga avec la meilleure résolution possible avec sa « version » 2400p est vivement conseillée – pas comme les images de cet article par exemple :p.
L’autre « explication » à ce conseil est que les dessins sont parfois fouillés et assez difficile à déchiffrer, notamment concernant les batailles navales. Ce qui, en fait, est plutôt normal étant donné qu’une bataille avec un sous-marin est ardu à mettre en scène. Qui plus est lorsque les navires en question possèdent des super-armes un poil abusé comme des rayons à ions, ou des batteries de lance-missiles balançant des salves tout aussi zoli à voir que fatiguant à dessiner vu leur – grand – nombre. Cela fait partie des quelques entorses car même si les navires sont des clones d’il y a 70 ans, leur armement ne l’est pas – heureusement pour eux.
Mais loin d’être un gros foutoir pas possible, ces batailles navales s’appuient avant tout sur le côté tactique et le renseignement. Chaque navire de guerre possède ses propres caractéristiques allant du super rayon laser de précision aux systèmes radars ultra-sophistiqués en passant par des capacités d’invisibilité et de discrétion améliorées. C’est aux commandants humains et aux modèles mentaux d’utiliser au mieux leurs avantages et évidemment, ce n’est pas forcément celui qui a le plus gros canon qui gagne. Les auteurs se débrouillent bien à retranscrire cette importance avec des tactiques généralement crédibles et malignes ou des armes inspirés de la réalité. Sur ce dernier point, notons la supercavitation, principe promis à un grand potentiel mais dont son utilisation reste peu efficace – de ce que le public en sait – alors que le principe est maîtrisé et devenu la norme dans le manga.

Les navires de guerre de la Flotte du brouillard sont tous fidèles aux modèles d’origine. Ces modèles sont avant tout les bateaux de l’Axe – l’Allemagne et le Japon mais sans l’Italie – et possèdent leurs personnifications dirigeant eux-même les navires – et c’est largement pour ça qu’on commence cette série. Ces personnifications sont justifiées par le fait que les ennemis ont certes une technologie qui leur a conféré une victoire totale sur les Hommes, mais que si ces derniers avaient eu le même niveau technologique, ils les auraient largement vaincu grâce à leurs supériorités tactiques et stratégiques. Reprenant alors une des célèbres règles de Sun Tzu dans L’Art de la guerre, les modèles mentaux apparaissent afin de mieux connaître les êtres humains, et ainsi, de mieux les combattre.
Loin d’un Upotte!! et d’un Strike Witches avec leur lot de « fanservice primaire » – pour otaku –, de précision technique plus ou moins « intéressant » et fidèle ou de clins d’œil et références bien senti – pour otaku militaire –, Arpeggio of Blue Steel n’est absolument pas focalisé sur un « fanservice primaire ». Contrairement à ce que l’on pouvait penser, c’est une série plutôt sérieuse avec un contexte alternatif sympathique et des intrigues politiciennes « attrayantes ».
Bien que la désignation soit peu pertinente, on peut dire qu’il est à mi-chemin entre le shōnen et le seinen. Même les modèles mentaux ne sont pas sujet à tant de fanservice. Il en existe mais c’est souvent hors du récit, soit dans des pages bonus ou en couleurs. Outre leurs chara-design et certains comportements excentriques, il y a peu à se mettre sous la dent si on cherche un mélange de « fanservice secondaire ». Les navires, les modèles mentaux, les tactiques et les armes employées sont les seules références militaires trouvables tandis que les clins d’œil ou les précisions comme par exemple la véritable histoire des navires sont plutôt rares – contrairement à un Strike Witches par exemple.

En cinq volumes, on a pu voir des navires plutôt bien dessinés comme :
— les sous-marins japonais I-401 et les deux mêmes autres de classe Sentoku que sont I-400 et I-402 (représenté physiquement comme des soeurs jumelles pour les modèles mentaux) ainsi que des U-boots comme l’U-2501 ou les « vaches laitières » ;
— les croiseurs lourds Takao et Maya ;
— les croiseurs de bataille Haruna, Kongou et Kirishima
— les cuirassés (soit les navires les plus connus) Hyuuga, Musashi, Nagato et Yamato.

En partant d’en haut à gauche à en bas à droite : les croiseurs de bataille Haruna, Kongou et Kirishima, puis le cuirassé Yamato, le sous-marin I-401 / Iona et enfin le croiseur lourd Takao.

Courant mars 2012, un drama CD a été commercialisé et son cast de seiyuu est des plus fabuleux. Cette dream team se compose des comédiens de doublage les plus en vogues comme Jun Fukuyama, Yūki Aoi, Tomokazu Sugita, Rina Satō, Hōko Kuwashima, Minoru Shiraishi, Kana Hanazawa et Aki Toyosaki. Le seiyuufag que je suis ne peux qu’être impressionné devant la constitution d’une telle équipe.
Le drama CD ne constitue pas à un spoil en lui-même puisqu’il narre la rencontre entre le héros Gunzou et le modèle mental Iona d’après le point de vue de cette dernière. Soit, un élément de l’histoire presque secondaire et à peine cité dans le manga.
De plus, les voix et le scénario restent assez fidèle aux impressions que l’ont se fait en ayant lu la série.

Remarquez que je n’ai pas encore parlé des personnages principaux, c’est normal : bien que l’équipage de l’I-401 soit particulier, il ne l’est qu’en prenant en compte la norme des sous-mariniers. Ils ne portent jamais d’uniforme, customise leur « espace de travail » comme n’importe quel employé avec bureau ou se considère plus comme des amis que comme de véritables gradés (je rappelle : ce sont vraiment des militaires). À part cet aspect, rien de plus classique ou sortant du lot chez les personnages principaux humains : le héros commandant qui est excellent mais ne cesse de regarder le passé, son meilleur ami le commandant en second sur qui il peut toujours compter, le pote marrant et fonceur, etc. Loin d’être mauvais, ils apportent vraiment leur lot de fraîcheur et d’humour mais il est peu utile de s’attarder autant dessus.
Contrairement aux autres sous-marins, l’équipage ne comporte que 6 membres – Iona inclus. En effet, ces 5 membres tous compétents sont aux postes-clés de commandant en chef (Gunzou Chihaya = Jun Fukuyama), de commandant en second (Sou Oribe = Tomokazu Sugita), d’officier aux armes (Kyōhei Kashihara = Minoru Shiraishi), de mécanicienne en chef (Iori Watanuki = Aki Toyosaki) et d’officier au transmission et au sonar (Shizuka Hodzumi = non apparu dans le drama CD). Le sixième et dernier « membre » étant Iona (Yūki Aoi) elle-même. Elle conduit d’ailleurs le sous-marin et comme tous les modèles mentaux, elle est capable de se diviser et ainsi de prendre les postes habituels et non-clés du navire – ce qui explique donc le peu de personnel humain à bord. Cette division se voit par des copies plutôt attachantes puisque ce sont des versions chibi des modèles mentaux et elles sont toutes numérotés.

Arpeggio of Blue Steel est un manga certes intéressant grâce à son concept de personnification des navires de la seconde guerre mondiale, mais il est réducteur de juger la série uniquement sur cet aspect. Il est clair que c’est la principale raison de commencer à la lire, mais le traitement assez tangible de la série sur le déroulement de l’histoire, son contexte politique plutôt crédible, son environnement attrayant et ses personnages sympathique donne des raisons plus sérieuses de continuer à la lire.

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Un commentaire pour [Arpeggio of Blue Steel] De la personnification des navires de la seconde guerre mondiale

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