[Multi-anime] Les reprises musicales dans les animes (1)

Note préliminaire : ceci n’est que le premier article d’une série.

Quelques fois, les séries que l’on regarde nous paraissent familières. Pas forcément familières par leurs genres, leurs synopsis, leurs chara-designs ou leurs scénarios, mais familières par leurs musiques. C’est une impression plus qu’étrange de reconnaître une vieille chanson dans un anime récent.
La plupart du temps, les interprètes, le rythme et le genre de musique change au fil des reprises. Mais comme aussi la plupart des reprises, les paroles ne changent pas (ou très peu). Les endings de Lucky Star sont de bons exemples. Le premier générique de fin est tout simplement le générique de début de Dragon Ball Z chanté par Aya Hirano (Konata Izumi). Là, reconnaître le générique est très facile et fait partie du délire de la série –Konata est une otaku et vous aussi.

Mais souvent, la situation est tout autre : les chansons sont soit tellement obscures pour les occidentaux, soit tellement vieux que les nouvelles générations ne les reconnaissent pas, ou même les deux. En premier lieu parce qu’on n’a jamais entendu l’original, mais aussi à cause des différences entre les versions. Là, le choc en devient plus grand lorsqu’on découvre la vérité… surtout en regardant le clip d’époque, qui a des chances d’être kitsch à souhait.
C’est tout le but de cette série d’article : découvrir à quoi ressemble nos vieilles perles et d’où elles viennent – enfin, quand on a le clip en bonne qualité et facilement.


Evangelion: 2.0 / K-ON! / Nichijō

Oui, ça commence fort, j’ai mis les trois en même temps. Le rapport entre les trois licences tient en une seule chanson : Tsubasa wo Kudasai.
Dans le film Eva 2.0 et la série K-ON!, cette chanson est un insert song tandis que dans Nichijō, elle fait office de quatrième générique de fin – le deuxième et le troisième sont des variantes du premier.

Tsubasa wo Kudasai est une chanson de 1971 de Akaitori, un groupe de pop folklorique japonais formé en 1969 et dissoute en 1974.
Composé pour un festival pop, elle a été enregistré sur la face B du single Takeda no Komoriuta, chanson qui a eu un gros succès – vendu à un million d’exemplaires ! C’est seulement quelques années plus tard que Tsubasa wo Kudasai devena réellement ultra connu grâce à Shōji Hajimoto, de la maison d’édition Kyōiku Geijutsu Sha, qui décida de l’inclure dans un manuel scolaire afin qu’elle soit chantée et enseignée dans les chorales.
Outre être devenue une chanson de chorale scolaire ultra populaire, elle est aussi devenue la chanson officielle de l’équipe japonaise de football lors de la Coupe du monde de 1998 – qui a d’ailleurs fait un parcours minable.

C’est alors normal de l’entendre aussi souvent dans les animes, notamment en milieu scolaire, mais également presque partout. Cette chanson est tellement populaire qu’elle a été reprise à toutes les sauces et s’est même exportée. Cela va de la version anglaise par Susan Boyle, à la version rock alternatif de MUCC, en passant par des chorales françaises de Moselle jusqu’au viol auditif.

Dans Eva 2.0, c’est la seiyū Megumi Hayashibara (Rei Ayanami) qui interprète notamment cette chanson. Les paroles restent scrupuleusement les mêmes, le genre change. Nous n’avons plus affaire à de la musique pop-folk, mais à une vraie chorale — comme dans le manuel qui popularisé la chanson – avec un chœur durant les refrains et un rythme quasi-religieux. Le résultat donne étonnamment un je-ne-sais-quoi de triste et de déchirant, un peu comme des adieux entre personnes chères.
À savoir que Tsubasa wo Kudasai veut dire « Donne-moi des ailes » et que ses paroles sont totalement en accord avec la scène utilisée (attention gros spoil).

Dans K-ON!, les paroles sont identiques avec un chœur durant le refrain, mais le genre change complètement avec de la J-pop-rock. Elle est chanté par les seiyū Yoko Hikasa (Mio Akiyama) qui est la principale chanteuse, Satomi Satō (Ritsu Tainaka) et Minako Kotobuki (Tsumugi Kotobuki) formant le chœur. Pour le coup, il y a un véritable changement musical.

Dans Nichijō, il fait figure d’ending seulement pour l’épisode 14, soit le tournant concernant le changement de générique à tous les prochains épisodes. N’ayant aucun chœur, la chanson est intégralement interprété par Sayaka Sasaki, la chanteuse faisant quasiment toutes les chansons de la série. Le morceau reste assez classique puisqu’elle utilise la version « moderne » de la chanson.
Ce n’est pas la seule des reprises existantes dans cette série, mais on les verra plus tard.

D’ailleurs, Tsubasa wo Kudasai est aussi reprise par la seiyū Ayako Kawasumi (Otsuu Tsurugaya) dans Ōkami-san to Shichinin no Nakamatachi, mais seulement dans l’album des characters songs.

Ōkami-san to Shichinin no Nakamatachi

(Quelle transition.)
Donc Ōkami-san possède aussi une reprise d’un ancien tube. Outre Tsubasa wo Kudasai qui ne compte pas (il n’est pas trouvable DANS la série), c’est son générique de fin qui nous intéresse vraiment :

Le morceau est interprété par OToGi 8, un groupe d’idol composé de 8 membres qui sont : Louise Sfozur, Yukafin Doll, Miku Doll Charlotte (oui, c’est leurs noms de scène), Hanae Ōkubo, Shiori Izawa, Sayuri Hara, Shiori Mikami et Nana Hamazaki. Comme tous les groupes d’idol, ça s’en va et ça revient : les trois premiers membres aux noms chelous viennent d’Afilia Saga (concept de folie) et les cinq autres de Bunka Hōsō Cho A&G+’s. Leur premier et unique single (c’est dire le succès) a donc servi de générique de fin à cet anime et c’est tout à fait justifié. La chanson n’est qu’une version gentillette du pas si gentillet histoire du petit chaperon rouge.

Fun fact pour ceux qui ont vu la série : regardez bien à l’avant de Ringo, la petite chaperon rouge. Vous remarquerez alors que le héros est toujours là avec un déguisement. Si si, on voit ses pieds. Voyez ? Pour un personnage qui a des skills de stalker, il les mérite vu le peu de gens ayant remarqué ce détail.

Et après avoir vu le générique de fin d’Ōkami-san, admirez la prestation originale :

Nous sommes donc passés d’un groupe d’idol pour otaku à un groupe pour minette adolescente. Un surprenant inversement de la cible.
Akazukin-chan Goyōjin est donc le titre de cette chanson crée en 1977 par LAZY, un groupe de pop pour minette en chaleur – un genre populaire en ces temps-là et totalement kitsch à l’heure actuelle. Cependant, c’était plus par obligation puisque ce sont les producteurs qui les ont « forcés ». Après avoir fait leurs armes avec succès et fait crier les fangirls à chaque apparition publique, LAZY s’est progressivement transformé en un groupe d’heavy metal et de hard rock pour mecs virils – ce qui causa ensuite la fin du groupe puisque les membres avaient trop de divergences sur le genre de musique à « adopter ».

Le plus étonnant dans cette histoire et cette vidéo, c’est le chanteur du groupe : il s’appelle Hironobu Kageyama.
Oui, Hironobu Kageyama, l’un des membres les plus connus du groupe JAM Project, provient de ce boys band pour fangirl où les membres ont tous des surnoms tout mignon comme Pocky ou Suzy.
Oui, Hironobu Kageyama, le chantre de la masculinité des anisong et des sentai, la bête de scène (le premier chanteur) du groupe de rock le plus connus dans la japanime a donc débuté dans un boys band gentillet pour ado.
C’est… intéressant…

Shin Mazinger Shougeki! Z-Hen

Shin Mazinger Z est un anime de mecha vachement bien foutu, avec un premier épisode totalement dantesque, quelques fois des larmes viriles, originellement « créé » par Go Nagai et animé pour 26 épisodes.
Les openings sont chantés par les groupes de rock et de heavy metal ULTIMATE LAZY et JAM Project, tandis que les endings sont chantés par des idols telles que Natsuko Ako et les SKE48, soit les jumelles des AKB48 pour Nagoya… euh… non, il n’y a pas d’erreur. C’est bien ça. Des gars bien GAR pour les openings et des idols bien kawaii pour les endings
Mouais. Bizarrement, ça m’étonne plus du pourquoi j’avais rapidement skippé les génériques de fin.

Bon, la chanson qui nous intéresse ici s’appelle Kanjite Knight et c’est le premier générique de la série :

Véritable ôde au guerrier qui sommeille en nous, luttant contre le désespoir et les ténèbres, un mince rayon d’espoir est représenté par ce chant de guerre appelant à la bataille ultime et à la victoire finale, Kanjite Knight est le générique parfait pour cette série.
Il est joué en toute virilité par ULTIMATE LAZY, un groupe qui nous est bien familier : c’est tout simplement le groupe LAZY qui s’est reformé des années plus tard. Il est souvent confondu avec le groupe JAM Project à cause des tonalités et des genres similaires, mais c’est aussi à cause du chanteur Hironobu Kageyama qui fait partie des deux groupes à la fois.
En 1997, le groupe reformé s’appela encore LAZY, puis c’est après le décès du bassiste et du batteur que le nom du groupe a changé. Depuis 2009, le groupe a pour nom ULTIMATE LAZY mais spécialement pour l’anime Shin Mazinger Z, ils prirent le nom d’ULTIMATE LAZY for MAZINGER.

Après avoir savouré ce générique tout en finesse, voyons voir du côté de chez Swa… bref :

(La vidéo originale que j’avais mis a été supprimé, alors voici une plus récente mais qui possède quasiment la même sonorité que celle d’époque.)

De subtiles différences, à commencer par le titre de la chanson. L’original de 1980 ci-dessus s’appelle Kanjite Night (nuit) tandis que la nouvelle version s’appelle Kanjite Knight (chevalier). Au niveau de la musique, il y a quelques différences et tout à l’air moins guerrier. Les paroles sont aussi différent puisque tout le côté « chant de guerre » et guerrier a disparu. Le refrain est le plus remarquable car là où Shin Mazinger Z balançait un bon « ROCK ME » de spartiate, l’original se contente d’un « SEXY ». On sent bien que Kageyama était jeune et avait une voix moins rocailleuse.
Car oui, c’est bien le même Hironobu Kageyama qui chante. Toujours avec son groupe LAZY qui, seulement trois ans plus tard après la chanson Akazukin-chan Goyōjin, changèrent complètement de registre. Par contre, cette période de boys band pour minette n’est pas synonyme de mauvais souvenir ou d’erreur de jeunesse pour Kageyama. :)

(Oui bon, ce n’est pas une reprise au sens propre du terme, puisque c’est le même interprète.)

Maria†Holic / Maria†Holic Alive

Maria†Holic est un anime déjanté et ultra parodique du studio SHAFT où le concept de quatrième mur n’existe que pour se faire démolir. Adapté en deux saisons de douze épisodes chacunes, deux des trois génériques de fin sont des reprises de vieux morceaux étonnament très populaires.

Commençons par la première saison avec l’ending Kimi ni Mune Kyun :

En plus d’être musicalement agréable avec un petit côté 8-bit du plus bel effet, Kimi ni Mune Kyun est une chanson d’amour aux paroles toutes mignonnes. Elle est chanté par les principales seiyū que sont Asami Sanada (Kanako), Yū Kobayashi (Mariya) et Marina Inoue (Matsurika). Visuellement, c’est du très joli avec en fond des incrustations et des animations de photos en prise réelle par le collectif Gekidan Inu Curry se mélangeant naturellement à de courtes séquences animées de l’épisode diffusée. Au premier plan, de petits personnages défilent à l’écran façon niveau bonus d’un jeu 8-bit.
Le tout est enrobé d’incrustations toutes particulières de Gekidan Inu Curry, soit les mêmes responsables de l’opening complètement délirant du second OAV de Zan Sayonara Zetsubou Sensei, des décors de l’univers oppressant du monde magique dans Madoka Magica, du clip Universe de Maaya Sakamoto et de bien d’autres choses.

Attention les yeux et les oreilles, voici l’original de 1983 :

(Putain mais qu’est-ce que je viens de regarder ?!)

Je… euh… on va dire que l’original de 1983 est assez violent. Kimi ni Mune Kyun est interprété de manière… adorable par le groupe Yellow Magic Orchestra, plus connu sous l’acronyme YMO. C’est un groupe japonais d’electro-pop formé en 1978 dont les membres principaux sont Haruomi Hosono (basse), Yukihiro Takahashi (batterie) et Ryūichi Sakamoto (claviers) – membres qui ne cessent de surprendre par leurs créativités et leurs participations toutes plus étonnantes les unes que les autres.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire en regardant ce clip, le groupe a eu une influence considérable dans le monde de la musique et pas seulement au Japon. À l’époque de leur formation, soit fin des années 80, ils ont été les précurseurs de la musique pop-électronique avec leur utilisation intensive de synthétiseurs, d’échantillonneurs et d’ordinateurs (qui devenaient accessibles au public). L’influence est telle qu’ils ont aidé la naissance de genre et de sous-genre comme le synthpop, l’electronica, l’electro, la house music, la techno, le chiptune et ont posé les fondations de la J-pop.
Les artistes du groupe YMO sont en quelque sorte un des piliers inconnus des genres de musiques toujours aussi populaires aujourd’hui. Leur musique continue d’être remixée et samplée par des artistes contemporains.

C’est ainsi que nous pouvons retrouver plusieurs reprises de Kimi ni Mune Kyun comme la version assez proche de l’original de l’actrice et chanteuse Yūko Andō, la version « saccadée » du groupe School Food Punishment (ending d’Eden of the East), la version zen d’Asako Toki, le battle entre YMO et le groupe de synthpop britannique The Human League ou le remix de Yasutaka Nakata avec la version de Yūko Andō (producteur du groupe Perfume et collaborateur de Kyary Pamyu Pamyu, de MEG ou de Kylie Minogue)


Et maintenant, passons à la seconde saison avec son premier ending :

Outre le changement subtil de chara-design malgré que ce soit le même responsable –soit de même acabit qu’entre les saisons de La mélancolie de Haruhi Suzumiya –, nous voyons bien la grande différence visuelle entre le précédent générique et celui-ci. Pas que je sois contre l’utilisation de la 3D, mais là c’est trop évident que les mêmes mouvements sont réutilisés X fois. Les décors passés de manière bien fichu au logiciel / programme de diaporama, les images sortis tout droit du kaléidoscope ou l’animation statique des personnages, on sent clairement le peu de budget et de temps consacré à cet ending.
D’habitude, les petits gars du studio SHAFT déploient plus de budget et d’attention concernant les génériques – le fameux dogme du pouvoir d’attraction des génériques – ou regorgeait d’idées et de trésors d’imagination pour faire du bon avec les moyens du bord. Là, bah ça n’a pas été le cas pour ce générique, mais ça reste sympa comme tout et on les pardonne facilement avec l’extraordinaire premier opening (kyaa~ Tomokazu Sugita) et les références à Legend of the Galactic Heroes. :3

Passons maintenant à l’original :

(Le clip s’arrête à 2 minutes 45)

Dō ni Mō Tomaranai est une chanson de 1972 de la chanteuse et actrice japonaise Linda Yamamoto. Ce morceau a été son premier succès musical et son deuxième plus gros succès dans sa carrière. À noter que cette chanson a tout de même été écrite par Yū Aku, un des plus grands compositeurs japonais contemporains.
Inutile de signaler le côté ultra kitsch de cette performance, mais je me demande tout de même comment cette chanson a pu devenir un tel succès (  ̄_ゝ ̄).
Avant de commencer une carrière de chanteuse, Linda Yamamoto était mannequin et continua de l’être en parallèle pendant plusieurs années. Les succès en tant que chanteuse lui apportèrent la célébrité et de nouvelles perspectives de carrières. C’est ainsi qu’elle a été appelé la « Twiggy japonaise » du fait des ressemblances entre leurs carrières.
Cependant, le plus notable chez elle n’est pas forcément sa voix ou son talent scénique, mais tout simplement son look. Cela a parfois suscité des réactions toutes plus vives que variées à l’époque car considéré comme outrageux, provocateur et scandaleux (et sexy aussi). Plus tard, elle se reconverti dans le spectacle avec des revues musicales – les médias l’appellait même la « reine des revues » –, puis un très bref passage en tant que seiyū et enfin, plus grand chose. Mais sa carrière ressuscite avec surprise avec l’ultra populaire série Chibi Maruko-chan : Maruko-chan imite de temps à autre les chorégraphies et les chansons de Linda Yamamoto, c’est dire si elle a marqué l’inconscient nippon.


Voilà, ce sera tout pour l’instant. Dans un prochain article, nous verrons en détail d’autres reprises, et pas seulement japonaises, dans des séries toutes plus variées les unes que les autres.

Stay tuned !

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4 commentaires pour [Multi-anime] Les reprises musicales dans les animes (1)

  1. Docteur Nock dit :

    Je ne sais pas si tu compte le rajouter dans un futur article de cette série, ou même si tu l’as vu, mais on peut voir (surtout entendre) deux personnes se donner en spectacle et chanter « Yasashisa ni tsutsumareta nara », l’ending de « Kiki la petite sorcière », dans l’un des 4 premiers épisodes de Tamayura ~ Hitotose.
    C’est anecdotique, certes, mais ton article m’y a refait penser.

  2. Nautawi dit :

    Docteur Nock > Oui, c’est prévu.
    Mais pas parce que l’ending de Kiki se retrouve en insert dans Tamayura ~ Hitotose : la chanson est sorti en 1974 et chanté par Yumi Matsutōya, puis utilisé en tant qu’ending de Kiki en 1989 et chanté par Yumi Arai (c’est le nom de jeune fille de Yumi Matsutōya), ensuite interprété par Maaya Sakamoto en tant qu’opening des OAV Tamayura et enfin inséré en insert dans la série Tamayura et même réinterprété par marble (endings des Hidamari Sketch).

    Et oui, c’est un beau bordel.

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