[Multi-anime] Les reprises musicales dans les animes (2)

Note préliminaire : comme prévu, voilà le deuxième article de la série des reprises musicales.

Qu’il est difficile de trouver des reprises. Outre le fait de devoir connaître les musiques d’origines et donc d’avoir une culture plus que conséquente, c’est le fait que les clips d’époques nous faisant rêver se font assez rares sur Youtube. Ces mêmes clips respirant tant les années 70 et 80 se cachent, parfois en meilleure qualité, dans des plateformes vidéos dont il faut malheureusement s’inscrire pour visionner la vidéo recherchée.

Bien sûr, la (ma) plus grande hantise est de voir disparaître la vidéo après écriture de l’article, et de ne plus jamais en voir. C’est d’ailleurs le cas des anciens articles sur les scènes tellement über-fabulous qu’ils donnent envie de commencer de suite l’anime, et c’est tout simplement le cas des articles se basant sur des vidéos de plateforme extérieure.

Enfin bon, commençons tout de suite cet article avec un poème, des vieux tubes et des idols.


Fractale

Fractale est un anime sympathique qui aurait tellement dû avoir plus d’épisodes pour mieux développer son scénario et avoir la chance de ne pas être lié à Yutaka Yamamoto, son réalisateur et sauveur auto-proclamé de l’animation japonaise.
Animé pour seulement 11 épisodes et adapté de manière « amusante » en manga, c’est son générique de fin qui nous intéresse le plus.

La chanson Down by the Salley Gardens est interprétée d’une très belle façon par la chanteuse japonaise Hitomi Azuma. Avant de participer à la série Fractale pour ses génériques, elle était relativement méconnue non seulement en Occident mais aussi dans son pays natal.
Elle a été découvert d’un public de connaisseur grâce à sa participation à l’édition 2010 de Kaikoo Popwave Festival, une série de grands concerts indés rassemblant chaque année plusieurs artistes et groupes pour un public d’environ 1 500 000 personnes par édition. C’est dans ce genre de concert qu’ont joué des artistes comme par exemple Nujabes, un des compositeurs de Samouraï Champloo.
Mais c’est en partie grâce à Fractale que sa carrière professionnelle décolla réellement : la série ayant été diffusé dans la case horaire spéciale noitaminA de Fuji TV, ce qui aida à la faire connaître d’un public plus casual. S’ensuit rapidement un deuxième single qui, comme la chanson additionnelle du premier single des génériques de Fractale, laisse court aux véritables styles de l’artiste.
Outre sa participation à un anime et ces sorties commerciales, elle prend part depuis 2012 à des émissions radio retransmis sur Ustream.

Le générique en lui-même respire bon les plaines verdoyantes des contrées celtiques et le peu de budget alloué pour son animation qui décoiffe. Il existe deux versions de ce générique : une version anglaise et une version japonaise. La chanson et l’air restent les mêmes, seule la langue des paroles changent. L’ambiance qui en dégage n’est pas anodine et nous allons le voir après cette interprétation de 1941 :

Down by the Salley Gardens est en réalité un poème irlandais datant de 1889. Son auteur, William Butler Yeats, est lauréat en 1923 du prix Nobel de littérature et acteur actif du nationalisme irlandais.
Étant donné que c’est un poème, il n’existe pas à proprement parler de chanson originale. La première interprétation du poème en chanson est celui du ténor irlandais John McCormack en 1941 (la vidéo du dessus). Down by the Salley Gardens a inspiré d’autres interprétations tout au long du 20ème siècle jusqu’à nos jours, comme par exemple la reprise du groupe Clannad (qui n’a rien à voir avec l’anime ou les jeux). Force est de constater que très peu, voire aucune reprise commerciale ne change le côté irlandais du poème, pratiquement toutes sont chantées avec un rythme lent et de manière aussi « gracieuse » que mélancolique.

Dance in the Vampire Bund

Dance in the Vampire Bund est un anime de 12 (+1) épisodes et animé en 2010 par le studio SHAFT. Outre le fait que ce soit une série avec des changements de plans tout aussi étrange que mal fichu, ou que son histoire soit toute naze, ou alors son premier épisode soit tout simplement le meilleur de la série alors qu’il est totalement original au manga d’origine, ou même qu’il a été simulcasté par Dybex qui a lui-même recruté des fansubbers pour le traduire, son opening est ce qui nous intéresse le plus.

Ce qui est bien avec ce générique, c’est que j’ai juste à mettre comme un paresseux un lien hypertexte pour vous « donner » mon avis. Car oui, j’ai moi-même été impressionné par cette association réussie entre la chanson et l’image, par cette mise en scène dynamique et bien rythmée qui arrive à masquer plutôt efficacement certains éléments pouvant être de mauvais goût. Le générique en lui-même n’est pas spécialement mieux animé qu’un autre, c’est surtout que l’effort a été très bien déployé sur certaines portions tandis que d’autres bénéficient d’astuces de mises en scène dont le studio est passé maître (ex : les mouvements de caméra sur les fleurs).

L’artiste qui réinterprète cette chanson est une certaine Aiko Nakano, une compositrice-interprète qui a également fait le générique de fin de Hidan no Aria. À l’instar d’artistes comme KOTOKO (la drogue) et Hyadain (:D), ses participations les plus connus sont en rapport avec la culture otaku.
C’est ainsi qu’elle est crédité comme compositrice de l’ending d’Ōkami-san (reprise d’un ancien tube dont j’ai déjà parlé ici), les inserts et l’ending de Kore wa Zombie Desu ka ? et sa saison 2, écrit les paroles de l’ending de Dance in the Vampire Bund, de même pour le character song de Tsukimiya Ringo (Yuuichi Nakamura) dans Uta no Prince-sama et même composé le générique du jeu PSP Great Battle Full Blast.

Fun fact : un des chanteurs du générique de Great Battle Full Blast est Tomohisa Kawasoe, soit l’interprète du générique de Victory Gundam ; dont la version longue et la version « remixée » déboite violemment du poney (pas comme la série quoi).

Daté de 1985, Friends est une chanson du groupe de pop-rock japonais REBECCA. Né en 1984, le groupe REBECCA est composé de quatres membres changeant assez régulièrement (même le fondateur du groupe l’a quitté moins d’un an plus tard) et dont le plus connu reste NOKKO, son unique chanteuse.
Friends a été le premier gros succès commercial du groupe, soit après la production de trois albums et de trois singles. Ce groupe a connu divers succès mais peine à évoluer, et tout comme les groupes sentant bon les années 80, la fin de cette période sonne le glas de REBECCA. Par contre, il n’est pas rare de trouver dans le commerce des remix ainsi que des compilations, preuve que le groupe a marqué son époque et que la nostalgie s’opère efficacement.
Après sa dissolution, la chanteuse réussie néanmoins à renouer avec de gros succès en solo.

La principale différence entre l’original et sa reprise concerne son « ton », son ambiance. Loin d’être un spécialiste musical (ça, vous l’aurez remarqué), l’original de 1985 respire bon les années 80 et la pop-rock de cette période particulière, tandis que la reprise possède un côté plus « majestueux ».
Là où le premier sentait son époque dès les premières mesures, le dernier se fait plus sérieux, la voix plus grave de la compositrice-interprète donne un aspect dramatique à la chanson que l’original n’a pas. Les paroles sont suffisamment « évasives » et « métaphoriques » pour que les deux genres, bien que différents, fonctionnent bien.

AnoHana

Ou de son nom longissime Ano Hi Mita Hana no Namae wo Bokutachi wa Mada Shiranai, est une série de 11 épisodes ayant, entre autres, pour thème la nostalgie d’une période magique qu’est l’enfance et le début de l’adolescence, surtout pour ceux qui ont la vingtaine.

La chanson Secret Base ~Kimi ga Kureta Mono~ (10 years after Ver.) est très joliment interprété par Ai Kayano, Haruka Tomatsu et Saori Hayami, soit les trois seiyūs féminines des personnages principaux. Très belle chanson dont les paroles concordent parfaitement avec la série, la version de AnoHana n’est pas la seule reprise de ce morceau.

Il existe en effet cinq reprises commerciales (six, si on compte celle d’AnoHana) de la chanson :
– la première date de 2002 par l’actrice et chanteuse Karen Mok. Interprété en mandarin avec une utilisation plus qu’étrange de synthétiseur, cette version laisse un peu de côté l’aspect nostalgie romantique. Le clip semble d’ailleurs sortir d’un film hongkongais, mais je ne saurais préciser davantage (ni même savoir si c’est vraiment un film, voire son véritable clip) ;
– la deuxième date de 2008 par le groupe japonais Friends. En réalité, Friends est un regroupement temporaire de seiyūs féminines (Yū Kobayashi <3). Leur reprise a servi au générique de fin de l’anime Kyō no Go no ni. Outre les chanteuses, il n’y a rien qui change par rapport à l’original ;
— la troisième date de 2009 par les jumelles ManaKana, responsables de bon nombre de génériques pour la populaire franchise Chibi Maruko-chan. Peu de véritable changement dans cette reprise ;
– la quatrième date également de 2009 par le duo pop R’n’B japonais Love. Outre l’ajout d’éléments pop R’n’B, la chanson reste sensiblement la même ;
– la cinquième date de 2010 par le groupe SCANDAL. C’est à l’occasion d’une compilation hommage au groupe original que cette reprise a eu lieu. La sortie en CD de cette compilation, auquel est inclus la version d’AnoHana, date de 2011 tandis que SCANDAL a commencé à la reprendre en 2010.
À noter que dans cette compilation, tous les interprètes sont populaires auprès des otakus.

J’aime particulièrement les costumes rouges avec les ailes (1:35)

Secret Base ~Kimi ga Kureta Mono~ est une chanson de 2001 du groupe d’idol ZONE. Ce morceau n’est pas le premier du quartette, mais est et reste leur plus gros succès. Hormis le titre, la reprise n’a quasiment aucune différence avec l’original. En effet, celle d’AnoHana rajoute « (10 years after Ver.) » au titre en référence à l’anime.

ZONE est un groupe d’idols japonais assez particulier. Là où les autres groupes d’idols sont composés de chanteuses/danseuses, ZONE « innove » car il n’est constitué que de chanteuses jouant avec leurs propres instruments. Au départ composé de huit membres agés d’une douzaine d’années, ce nombre s’est réduit de moitié deux ans plus tard à la sortie de leur premier single. C’est donc à une quinzaine d’années de moyenne d’âge que ZONE a connu son plus gros succès.
Cependant, avec les années qui suivirent, le groupe a subi divers changements. Un peu comme K-ON!, c’est avec l’entrée à l’université que les premiers membres du quartette final se séparèrent. Cela a commencé en 2003 par son chef de file, qui fut remplacé par une ancienne du groupe ayant été exclu du quartette final en 2001 ; puis en 2005, le groupe est dissout puisque deux autres membres le quittèrent pour la même raison, et les deux dernières continuèrent leurs carrières en solo et dans un autre groupe.

Plus tard, le groupe se reforma à l’occasion du dixième anniversaire de leurs premiers succès. Bien que ce n’était que pour des compilations et quelques concerts, le groupe ne dissout finalement pas comme prévu après ces événements. ZONE continue l’aventure sous un autre nom, Z-ONE (« Zone minus one » / « Zone moins une »), en l’absence de la batteuse qui refusa et fut remplacé par d’autres quelconques.
Enfin, les problèmes de santé d’une des guitaristes l’oblige à quitter définitivement le groupe, tandis que les deux restantes continuent en duo.

Kiki la petite sorcière / Tamayura

Comme vous vous en doutez, le rapport entre un film du studio Ghibli et les adaptations animées de Tamayura tient en une seule chanson. À la hauteur des apaisantes et sympathiques oeuvres, le morceau Yasashisa ni Tsutsumareta Nara a donc servi d’ending pour le film, d’opening pour les OAV Tamayura et enfin d’insert dans le série TV.

Yasashisa ni Tsutsumareta Nara est une chanson de Yumi Matsutōya de 1974, une compositrice-interprète japonaise quasi-inconnue en France. Cependant, elle est une des plus populaires artistes au Japon avec plus de 42 millions de disques vendus, 21 albums classés n°1, la première à avoir vendu 2 millions d’exemplaires d’un album et la seule artiste à sortir un album classé n°1 chaque année et ceux pendant 18 années de suite.
Aussi connue sous Yumi Arai, son nom de jeune fille et parfois de scène, il est à noter que son amour pour la musique française a donné naissance à Watashi no Furançoise – en référence à Françoise Hardy.

Yasashisa ni Tsutsumareta Nara a donc servi de générique de fin pour le film d’animation Kiki la petite sorcière (Majo no Takkyūbin en VO). Les tonalités sont certes différentes, notamment son côté « campagnard », mais c’est toujours l’interprète originale qui chante. Bien que le film soit sorti en 1989 et que Yumi Matsutōya n’utilise plus son nom de jeune fille depuis plus d’une décennie, le chanson est créditée sous le nom Arai puisque la première version date d’avant son mariage en 1976.

Fun fact : une certaine Carole Serrat a fait une reprise en français du générique de début de Kiki la petite sorcière. Force est de constater que la VO est quand même plus écoutable.

Une vingtaine d’années plus tard, la même chanson se retrouve en tant qu’opening des OAV Tamayura. Cette fois-ci, ce n’est plus Yumi Arai qui chante mais la chanteuse et seiyū Maaya Sakamoto. L’interprétation et les arrangements musicaux sont encore différents de l’original. Ici, la reprise se veut plus dynanmique tout en gardant l’aspect « iyashikei«  que ces OAV donnent.


Edit : la vidéo est morte et pas moyen de trouver une nouvelle, alors voici un screen de la scène.

Enfin, l’année suivante voit le manga Tamayura être adapté en série TV. Se nommant Tamayura ~hitotose~, la fameuse reprise se trouve dans l’épisode 4 de la série. Ce n’est ni Yumi Arai, ni Maaya Sakamoto qui se charge de cette chanson (cette dernière chante l’opening), mais c’est le groupe marble qui s’y colle.
Composé du musicien à-tout-faire Tatsuya Kikuchi et de la compositrice-interprète micco, le duo marble est notamment responsable de tous les génériques des fin de Hidamari Sketch.
Dans la scène ci-dessus, le guitariste et la chanteuse sont évidemment la personnification du groupe marble. Cette reprise possède une ambiance beaucoup plus intimiste et simple (il n’y a qu’une voix et une guitare) allant de pair avec le côté iyashikei encore plus prononcé de la série TV.

Stay tuned !

Et c’est avec ce sympathique dessin sur Girls und Panzer, que je vous donne rendez-vous pour un autre article sur les reprises musicales.

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4 commentaires pour [Multi-anime] Les reprises musicales dans les animes (2)

  1. Amo dit :

    Deux articles super cools et assez informatifs. GG.

    On peut aussi noter la chanson « Amazing Grace » qui fait une apparition discrète dans la mélodie du vent / So Ra No Wo To et au début de l’opening 4 d’Eureka Seven. Et on pourrait aussi troller un peu et noter la reprise de l’opening d’Evangelion dans Hayate mais ça ça compte pas vraiment, un peu à la manière des génériques de Lucky Star.

    (Juste au cas où, j’ai l’impression que mon com est pas passé la première fois.)

  2. Docteur Nock dit :

    Je suis dans un tel état de fatigue qu’il m’a suffit d’écouter Yasashisa (etc.) pour limite me mettre à pleure.
    Anecdote à part, cet article est effectivement super intéressant, à l’image du premier et je suis assez impatient de voir le suivant. Je suis surpris pour secret base, je ne savais pas que c’était une reprise, d’ailleurs les voix des chanteuses originales sont assez surprenantes par rapport à leur âge apparent.

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