[Raimuiro Senkitan] Air Cruiser Yamato

Note préliminaire : j’aurais pu faire cet article, mais ça aurait été trop facile. :D

De nos jours, il est habituel de penser à la Seconde Guerre mondiale quand on fait mention de guerre durant le XXème siècle. Cette guerre a été extraordinaire par l’évolution technologique, tactique et stratégique ainsi que par l’ampleur de l’engagement dans le monde. Cependant, on peut faire une liste des guerres et batailles qui ont précédé cette période, peu de monde penserait à la guerre russo-japonaise de 1904-1905.

Cette guerre peu connu, mais préfigurant toutes les autres du XXème siècle, est le propos de Raimuiro Senkitan, un anime plutôt cheap et très classique mais étonnament étrange où les uniformes de la marine se confondent avec l’amitié, la lutte entre le bien et le mal, la romance dans un bon lit entre professeur et élèves, l’invocation magique d’exosquelette et un croiseur de guerre volant.

raimuiro_senkitan

Février 1904, la guerre est déclaré entre l’Empire russe et l’Empire du Japon. Afin d’aider l’armée japonaise à capturer le port stratégique de Port-Arthur, dont le siège devient de plus en plus sanglant aux attaquants, une unité spéciale est créée à partir d’un navire de guerre volant et de cinq adolescentes possédant des pouvoirs magiques. Recruté depuis tout l’archipel et envoyé au front, leur unique condition est qu’elles puissent suivre l’école durant le trajet les menant à la bataille finale.

C’est alors que Shintaro Umakai, un ancien diplomate japonais venant de Russie, est à son tour recruté pour devenir leur professeur mais également le commandant de ce groupe, l’unité Raimu.
Ainsi, notre cher professeur accompagné de ses élèves se retrouvent au bord d’un navire volant, le protégeront des attaques successives de leur némésis russe jusqu’à sa destination finale, régleront ensemble leurs problèmes personnels et plus si affinités.

Raimuiro Senkitan, également orthographié Lime-iro Senkitan, est une série de 13 épisodes animé par le studio d’animation Soft Garage — erm. Avant d’être un anime de 2003, c’est notamment une adaptation d’un eroge du studio d’Elf dont j’aurais bien aimé y jouer. Oui, à cause des uniformes (  ̄_ゝ ̄).
Cet anime fait partie des séries de seconde zone qui a été curieusement « populaire » à l’époque sans être un véritable succès. Quoique le curieusement peut être facilement expliqué par les joueurs de l’eroge. Cependant, son « succès » a plus ou moins permis une série d’OAV et même une suite l’année suivante. Et autant vous le dire : je n’ai pas regardé cette suite. Comme toutes les séries de seconde zone de début des années 2000, c’est la croix et la bannière pour trouver des épisodes traduits.
À titre d’exemple, trouver des génériques de Raimuiro Senkitan est déjà un défi en lui-même. Il est plus facile de trouver le clip officiel de l’opening, de trouver l’interprétation en concert live de l’opening et même de trouver une interview d’une des seiyūs sur la série, que d’avoir simplement le générique de l’anime – une des seules qualités de l’anime.

Les seiyūs en tenue de combat

Raimuiro Senkitan raconte donc l’histoire cachée d’une unité spéciale ayant pris part à la première guerre dite « moderne » de l’histoire militaire. Composé de 5 adolescentes toutes plus différentes les unes des autres, elles devront travailler et combattre ensemble malgré leurs différences. Elles sont dirigées par leur commandant-professeur qui est totalement random et charmera de son swag naturel toutes les filles qu’il verra – comprendre « il est gentil ». À l’Est, rien de nouveau donc.
La série en elle-même est… comment dire… nulle. Techniquement, c’est animé comme des pieds. Les plans sont minimalistes, l’animation est autant que possible simplifié, les scènes de combats en 3D sont pratiquement les mêmes à chaque épisodes, les exosquelettes et le croiseur sont en 3D de qualité médiocre – enfin, de série de début des années 2000. On a beaucoup de mal à comprendre les scènes d’action, les décors sont quelconques et toujours les mêmes, l’équipage du navire volant est inexistant à quelques exceptions près (quand certains doivent mourir), la mise en scène est ordinaire et l’OST est anecdotique. L’intrigue est finalement sans originalité et peu intéressante, le déroulement de l’histoire est très classique, les personnages sont peu attachants et l’anime n’arrive malheureusement pas à être un nanar de qualité.

Mais alors, pourquoi est-ce que je parle d’une série mauvaise et inintéressante malgré un contexte historique peu utilisé ? Tout simplement parce qu’il possède des défauts tellement stupéfiant qu’on est à se demander si on regarde toujours la même série.

raimuiro_equipage_jetableUn des seuls moments où on verra l’équipage.

Le premier concept étrange de Raimuiro Senkitan est que les pouvoirs magiques des héroïnes leurs permettent d’invoquer des exosquelettes en 3D. Tous vêtu de couleurs et d’armes différentes, ces exosquelettes sont contrôlés à distance et sont appelés « raimu / lime ». Les utilisatrices restent sur le pont du navire et font des gestes que les combattants-raimu reproduisent. C’est ainsi qu’elles se battent contre leur ennemis et némésis russe. Oui, c’est le même principe ridicule que l’air guitar.

Le deuxième concept est tout simplement une adaptation moderne de la Belle au bois dormant. Avant, c’était le prince charmant qui devait embrasser la princesse pour la réveiller. Maintenant, avec Raimuiro Senkitan, c’est le prince charmant qui doit embrasser la belle pour la réveiller… et coucher avec elle pour activer ses pouvoirs magiques.

brioche

Une bonne partie de la série tourne sur ce concept révolutionnaire. Chaque personnage ayant des pouvoirs ont la possibilité… de level-up !
Ça commence gentiment par la loli de 12 ans, mais agée véritablement de 200 ans puisqu’elle est l’incarnation de l’esprit du navire de guerre, qui pour faire avancer le navire sous le feu ennemi, doit se faire réveiller avec un baiser par le fameux prof, jusqu’à que celle-ci oblige le héros à l’esprit encore brumeux à la déflorer pour que le croiseur s’envole à plusieurs centaines de mètres de la mer.
Je suis totalement sérieux. J’ai beau me repasser la scène, tout est aussi clair que ça.
Pour les autres, c’est pareil. Les raimu peuvent accéder au stade supérieur seulement si les filles les invoquant ont couché avec le héros. Ce n’est pas aussi explicite qu’avec l’esprit du navire, mais il y a des détails et des passages qui ne trompent pas. Comme par exemple le héros qui se réveille nu dans le lit d’une de ses élèves au début de l’épisode et repart comme si de rien n’était, l’infirmière de l’équipage qui est déçu que le héros doit aller en classe plutôt que de continuer à faire la grasse mat’ dans sa cabine, ou encore dans la précédente scène avec la loli où le héros remonte sur le pont du navire avec sa chemise déboutonné et ceinture désserré.

Le pire dans tout ça n’est pas le concept, mais le fait qu’aucun élément ne suggère que l’anime soit aussi direct et malvenu que ça. Oui ça vient d’un eroge et il y a du fanservice, mais ça ne veut rien dire. Les situations, la mise en scène, le scénario et la progression des histoires racontées ne mènent en rien à déflorer des adolescentes. C’est comme si vous regardiez un anime aussi « gentillet » que Kanon, puis à un moment, le monteur se trompe de série en rajoutant une scène avec des sous-entendus et des plans bien suspect à un moment random de la série. Oui, juste comme ça. Le décalage est aussi déstabilisant que ça puisque certaines scènes sont borderline.
Chaque série, chaque épisode, chaque scène possède une certaine aura et atmosphère où nous savons s’il est de nature sérieuse, triste, joyeuse ou spécialement fanservice. Là, nous avons clairement affaire à un anime où son contexte est certes étonnant, mais qui reste aussi niais qu’un Da Capo ou un Love Hina (niveau relationnel)… jusqu’à l’apparition de certains passages cassant bien le genre de série qu’est Raimuiro Senkitan ; soit un anime harem de seconde zone de début des années 2000.

Mais ne croyez pas que c’est un reproche de ma part. C’est justement ce côté-là qui rend un minimum intéressant la série. Outre le fait qu’il parle d’une guerre peu utilisé dans la japanime, le but devient presque de continuer à regarder la série pour connaître la prochaine scène complètement hors de propos et borderline.
Là où un Another est absolument hilarant sans vouloir l’être volontairement (quoique), Raimuiro Senkitan se regarde comme étant une mauvaise série où ses certains de ses défauts deviennent ses qualités. C’est une raison assez masochiste pour continuer l’anime, mais malheureusement pas pour la commencer à la regarder.
Et pourtant, avec Raspoutine en grand méchant de la série, il y avait de quoi la commencer.

Cet article, publié dans Anime, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s