[Nichijō] La luxueuse colonie de vacances de KyoAni

Note préliminaire : cet article fait partie de la série « wtf ils jettent des lingots d’or par les fenêtres ». Vous pouvez lire le précédent, si ce n’est déjà fait.

S’inspirer de vrais décors et paysages pour réaliser un anime est loin d’être une pratique atypique. Tandis que certaines séries ne font que s’imprégner de l’ambiance et de l’architecture des lieux d’inspiration, ou que d’autres insèrent directement les photographies dans le fond, la grande majorité utilisent les photos quasiment telles quelles pour dessiner les décors. Cela a pour effet de donner avec plus ou moins de succès des scènes variés, cohérent ou à référence ; mais aussi de booster pendant un temps la popularité et l’activité touristique du lieu d’inspiration.
Et Nichijō fait partie de ces séries ayant eu recours, énormément même, aux photos de véritables décors et paysages pour en dessiner.

Pour les deux du fond, Nichijō est un anime comique produit en 2011 par le studio Kyoto Animation. Réputé pour ses épisodes animés directement par la main de dieu et son four commercial intersidéral, Nichijō nous fait suivre le quotidien absurde et délirant d’une pléthore de personnages tout aussi absurde et délirant.
Mais pour cet article, je ne vais pas parler de la série en elle-même, mais plus de la préparation et du budget alloué à la série.


Les volumes Blu-ray de la série sont composés de divers bonus vidéo ; comme de petits clips sur les enregistrements musicaux, les séances photo du staff pour les décors et les trips touristiques de certains animateurs et seiyūs à travers le Japon. C’est sur ces clips réalisés par le studio que se base cet article. C’est donc ainsi que nous allons voir de quelle façon ils ont profité du gros budget alloué pour s’offrir des vacances au frais de la princesse — et accessoirement de bonnes photos (ou l’inverse, ‘sais plus).


Le premier reportage débute directement dans une gare ferroviaire, avec plus d’une quinzaine de personnes du studio qui a fait le déplacement. On retrouve pêle-mêle le réalisateur Tatsuya Ishihara, le producteur Atsushi Itō, l’assistant-réalisateur Jukki Hanada, le character designer Futoshi Nishiya, ou le producteur musical Shigeru Saitō – et je me demande encore ce qu’il vient faire ici. Je n’arrive pas à reconnaître les autres, puisqu’ils ne sont pas physiquement connus.
Juste avant le départ, le staff se refait un petit topo sur le trajet à faire dans Isesaki, la petite ville qui va servir de décor à Nichijō. Et Isesaki, c’est loin. Très loin.

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Avant de partir à l’aventure, le staff a établi un planning et des plans précis des environs – réalisés soigneusement sur PC pour certains, ou tout bêtement imprimés la carte Google Map et tracés le trajet au stylo pour d’autres. Le parcours est déjà prévu, il ne suffit plus qu’à suivre le chemin et, à l’instar de touristes lambda, mitrailler tout ce qu’ils voient, y compris les détails les plus insignifiants.
Sur la dernière rangée de screens, l’équipe nous montre le type d’appareil qu’ils utilisent : à très peu de choses près, ils sont tous identique afin que tous les clichés possèdent la même qualité d’image.

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Les séances photo commencent donc en fin de printemps, aux alentours du 17 mai 2010 comme le montre la première carte. Le soleil tape un peu, c’est pas encore très humide, mais il ne fait pas si chaud que ça. Bref, la période presque idéale pour aller batifoler en (presque) pleine campagne.

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Soudainement, la séance photo se transforme en colonie de vacances. Avec ses pauses à quasiment chaque distributeur de canette pour goûter les « produits de la région », se rendre compte que « hé mais c’est pas mal ! » et se dire « hé mais c’est vrai : vachement bonne cette boisson ! ». Puis sa visite au parc d’attraction de la ville, et ses clichés et instants souvenirs bien priceless.

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Et avec enfin ses virées aux montagnes russes. Même Tatsuya Ishihara est tellement content de pouvoir s’éclater qu’il monte gaiement – et bizarrement sur le screen – pour profiter de l’attraction. Dans l’anime, la scène des montagnes russes dure… deux secondes – voire moins. Et oui, sur le troisième screen, si vous avez le sens du détail, l’assistant-réalisateur mange bien une glace. Honnêtement, ça fait quelques minutes que je me demande si l’équipe a oublié la raison principale de leur venue. Des colonies de vacances je vous dis.

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La première journée s’arrête après le parc d’attraction. Après s’y être éclaté et profité du soleil, la deuxième journée est principalement dédiée à l’activité d’intérieure : la séquence souvenir séance photo du lycée. Avec un Ishihara maniaque des clichés vu de dessus et du plafond. Et quand j’écris « maniaque », le mot est juste.

À ce propos, pourquoi ce lycée et cette ville ? Parce que Keiichi Arawi, le mangaka de Nichijō et d’Helvetica Standard, en est originaire. Par ailleurs, le type flouté dans les bonus vidéo par des têtes de Sakamoto (le chat) est « probablement » lui. « Probablement » puisque, son nom n’est jamais dit mais que M. Sakamoto – on va l’appeler comme ça – est le guide du groupe et sait À CHAQUE FOIS quel décor ou paysage fait mention les scènes du manga. Tout le monde l’écoute, y compris le réalisateur et son assistant, lors des moments où celui-ci montre l’action à adapter ou quand il se remémore sa jeunesse devant tel magasin. Et en plus, c’est le seul du groupe qui n’a pas d’appareil photo.

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Chez KyoAni, on a beau être très professionnel, on sait aussi s’amuser comme des gosses — j’aurais fait pareil avec les brosses à tableau.
Sinon, en bas gauche, c’est bien ce que vous croyez : les élèves situés près du mur intérieur peuvent ouvrir un volet à leur pied.

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Entre autres, M. Sakamoto s’assoie dans la fameuse salle et à la place de Mai « poker face » Minakami et l’imite.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il y a encore des élèves dans l’école : ils font sans doute parti des clubs sportifs. On peut quelque fois les entendre crier – ils doivent être sur le terrain.

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Notez tout de même la proximité de l’école avec le parc d’attraction. La caméra s’attarde aussi sur ce set à thé ; la rumeur est donc vraie : il y a vraiment des sets à thé dans les salles de conseil des élèves. Un membre du staff s’attarde également sur cette horloge ; la raison : il n’a jamais vu une horloge haut-parleur – c’est HIGH-TECH.
Sinon, vous ne rêvez pas : ils photographient le menu de la cantine. Plusieurs fois. Et visitent les salles de sciences les jus de fruit à la main. Des touristes, des vrais.

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L’équipe a fait le tour de l’école de long en large, tout en évitant de perturber les élèves sportifs encore présent. À ce point-là, les distributeurs de cannette sont définitivement devenus les running gags photographiques et points de rencontre du staff.
En bas à gauche, la pelouse et le terrain de sport ayant inspiré, à mon sens, le meilleur moment de Nichijō – tout du moins la scène la plus émouvante de la série. Même si n’importe quelle scène avec en insert song l’excellente Miyuki Nakajima mériterait d’être crédité « meilleur moment ».

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Après une journée et des cartes SD bien remplis, c’est enfin l’heure de se reposer. Ils ne séjournent pas dans Isesaki même : ils prennent le train pour retourner à l’hôtel.
Je vous l’avais dit que Tatsuya Ishihara émanait un aura de surpuissance ? Y compris en faisant le V de la victoire dans son t-shirt Yuki « Humanoid Interface » Nagato ?
En attendant le lendemain, certains vont s’amuser dans l’hôtel et se rendre compte que toucher mais ne pas réussir à faire tomber l’objet au stand de tir à la carabine, c’est pas si irréaliste et cliché que ça.

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La colonie de vacances du staff a, apparemment, duré quatre jours à Isesaki. Le troisième jour est plombé le matin par une averse. Contrairement aux précédentes journées qui furent bien rempli, l’avant-dernière est marqué seulement par un passage à la galerie marchande du coin. J’ignore s’ils sont passés durant les heures creuses ou si c’est la pluie, mais la galerie marchande est bien vide et triste.
Notez qu’ils prennent le temps de manger des pâtisseries du coin (?), de continuer leur running gag et d’aller péter un câble sur un manège pour gosse le dernier jour — quitte à limite le casser. Hormis se taper de vieilles marches, visiter un temple, s’éclater la tronche sur un manège et le retour du soleil, il n’y a rien de particulier dans cette dernière journée.


Les bonus vidéo dédiés aux séances photo de Nichijō sont au nombre de treize, et d’une durée de trois à six minutes chacun. Les trois premiers clips couvrent la première journée avec le parc d’attraction et ses alentours, les six clips suivant couvrent la deuxième journée avec l’école, le dixième clip couvre un bout de la ville et le retour à l’hôtel, les onzième et douzième clips couvrent la troisième journée avec la galerie marchande, et enfin le dernier clip montre la dernière journée.
Contrairement au précédent article, où le studio montrait aussi banalement que possible leur awesomeness, j’ai cette fois eu l’impression de regarder les colonies de vacances d’une entreprise normale. Un peu comme si des employés se retrouvaient tous les ans dans une petite ville grâce à leur comité d’entreprise. Tout s’est passé à la bonne franquette, où le bruit des appareils photos faisait souvent place aux vannes et rires des animateurs.

Les bonus pour les musiques étaient très banals alors que c’étaient absolument le contraire, les bonus sur les décors étaient sympa à regarder mais n’avaient pas grand chose de particulier par rapport à d’autres studios. Pourtant, rien ne me préparait à la suite. Rien ne me préparait à une telle incompréhension, à une telle débauche de moyen, à une telle indécence que ces bonus vidéos sur les trips touristiques de certains animateurs et seiyūs. Mais ça, ce sera pour une prochaine fois.

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4 commentaires pour [Nichijō] La luxueuse colonie de vacances de KyoAni

  1. Corti dit :

    J’ai hâte de lire ça ! :D

  2. Kabu dit :

    Pourquoi les seiyû ? Je veux dire, à quoi ça sert de leur faire voir les décors ? C’est useless au possible. GG Ishihara.

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