[Nichijō] Le guide du routard de Kyoto Animation

Note préliminaire : cet article fait partie de la série « wtf ils jettent des lingots d’or par les fenêtres ». Vous pouvez lire les précédents articles, si ce n’est déjà fait.

Rares sont les fois où j’ai pensé que les producteurs d’animes auraient mieux fait de se jeter par la fenêtre, plutôt que de les voir croire à fond à leur projet. C’en est presque étrange de préférer voir des types ne pas croire du tout à leurs séries et ne rien faire pour leur donner une chance.
Je regarde pas mal de séries en carton, qui seront de toute façon oubliées dès la saison prochaine et souvent pour de bonnes raisons. J’aime en regarder puisque c’est finalement là où il y a le plus de chances d’avoir de bonnes surprises, parfois injustement méconnus et « ostracisés ». Le genre de série allant au bout de son délire, avec un staff qui y croît à fond et s’y prend même au jeu. Pour moi, c’est ça qui est fabuleux.

Sauf pour les bonus de Nichijō. Vraiment. Parce que regarder pendant deux heures des seiyūs et des animateurs en voyage dans tout le Japon, c’est marrant deux minutes, mais c’est rapidement chiant et surtout frustrant quand on comprend que les gars profitent sans honte de ces vacances tout frais payés par Kadokawa et qu’ils n’ont absolument aucun lien avec l’anime.

Les volumes Blu-ray de la série sont composés de divers bonus vidéo ; comme de petits clips sur les enregistrements musicaux, les séances photo du staff pour les décors et les trips touristiques de certains animateurs et seiyūs à travers le Japon. C’est sur ces bonus réalisés par le studio que se base cet article.
Comme avec les autres, cet article n’est pas vraiment une critique de la série, mais est symptomatique des défauts et des qualités de l’anime.


Tout commence par un Minoru Shiraishi arrivant sur une trottinette. Accompagné par les seiyūs Shizuka Furuya et Motoko Kobayashi, respectivement Nano et Yoshino, il présente la série de bonus Tanken Nichijō no Machi. Tout au long de cette chronique, il sera accompagné du producteur Atsushi Itō et divers autres animateurs et producteurs – dont deux qui font partie de l’expédition d’Isesaki. Cette équipe de cinq mecs très swag, duquel je n’ai pas su déchiffrer leurs noms, est le fil rouge de Tanken Nichijō no Machi, tandis que les autres seiyūs féminines, et pas forcément les plus importantes, ne sont là qu’à titre exceptionnel.
Par ailleurs, avec mes maigres connaissances en moonspeak, rares sont les occasions où j’ai pu comprendre où s’est passé le tournage.

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Comme on peut s’en douter, Tanken Nichijō no Machi nous présente la production et le travail des seiyūs et des animateurs pour l’anime Nichijō. C’est ainsi que, comme les autres bonus montrant le processus créatif des musiques ou des décors, le premier épisode montre une compétition de karting entre notre bienheureux Minoru Shiraishi et divers membres du staff. Tandis que les hôtesses sont au bord de la piste, nos vaillants pilotes mettent en jeu leur fierté d’homme dans cette compétition effrénée où les derniers peuvent perdre jusqu’à la somme exorbitante de 1300¥.
Puis l’after se passe dans un restaurant pas très random d’une galerie marchande très random. Évidemment, c’est offert par la maison (de production).

Je ne me souviens pas d’une quelconque course de karting dans l’anime.

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Toujours dans le but montrer la production d’un anime au plus près de la réalité, Minoru Shiraishi et le staff de Kyoto Animation – qu’on appellera plus simplement « la bande de potes » — vont tester une source d’eau chaude naturel réputé pour… chauffer un max. Ah, et au cas où vous vous en doutez : oui, le signe que fait l’animateur est l’une des rares références à Nichijō dans cette rubrique.
Le lendemain (?), la dream team arrive en train dans un autre bled paumé d’une province paumée : Minamiaso, à Kyushu. Cette halte est l’occasion pour la bande de potes de goûter les « produits de la région (lol inside) » avec le pari de finir le plus vite possible, sous peine de porter les sacs de tout le monde.
Dans un autre coin paumé, la bande de potes rendent hommage au Führer, ou un truc comme ça.

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La structure des rubriques est telle qu’on passe souvent du coq à l’âne entre les différentes scènes. Cette fois-ci, notre bande de potes partent visiter un temple dans une montagne. Comme ce sont des vrais et qu’ils veulent (nous faire) profiter du paysage, ils prennent le chemin escarpé à travers la montagne. Ils escaladent la pente sous la pluie, avec pour seul appui des chaînes planté à même la roche.
J’omets beaucoup de passage et même un épisode entier où ils visitent un vieux pont, un autre temple random et une ancienne mine de charbon. Franchement, même d’un point de vue touristique et historique, cet épisode est aussi intéressant qu’un rat mort. Je skip directement pour la visite au SCMaglev and Railway Park de Nagoya où, comme vous le savez, Nichijō fait la part belle aux plus grandes locomotives et trains à grande vitesse japonaises cette bande de rapaces en profite pour prendre les rennes des simulateurs de train.

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Nichijō est une série ayant eu recours à un nombre record de cellulo, donc il fallait bien compenser en faisant la promo d’un immeuble 100% écologique à Tokyo. Même Mariko Honda (Yūko) et Misuzu Togashi (Mai) en pleurent de ce gâchis, dans des chambres écolo à 36000¥ la nuit. Par ailleurs, il est à noter que la voix naturelle que Misuzu Togashi est grave, ce qui est rare et fait très plaisir à entendre.
Après cette virée en ville, la fine équipe accompagné des seiyūs Shizuka Furuya, Mariko Honda et Misuzu Togashi partent faire du rafting. C’est l’un des rares moments où on rit de bons cœurs avec eux — c’est toujours drôle de voir les malheurs des autres.

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Le septième épisode de Tanken Nichijō no Machi débute par l’ascension d’une autre montagne. Mais cette fois-ci, l’équipe a prévu un équipement spécial et pour cause : ils escaladent le mont Fuji. Après plusieurs d’efforts, ils arrivent à Taiyo-kan, la septième station culminant à 3090m d’altitude. Il paraît que la nourriture est bonne, malgré la tête des plateaux un peu cheap.
Puis la bande de charlatans a la chance de réaliser le plus beau rêve des hommes : pêcher à la ligne. Mais seul Atsushi Itō a réussit à en choper un.
Ça m’étonnerait pas que le staff de Tsuritama n’ait même pas eu l’occasion de pêcher.

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Encore une fois, j’omets les passages un peu inutile, notamment le circuit touristique à vélo dans un joli endroit réputé pour ses légendes avec les kappas, le Stonehenge japonais, la visite d’un dôme sportif, d’un autre temple random du fond des bois et Minoru Shiraishi qui fait le con à la plage.
Par contre, je tiens à écrire sur la visite au musée du whisky de Yamazaki. Ce passage est tout simplement magnifique : pendant presque trois minutes, tu vois les mecs se bourrer la gueule au whisky. Tu vois des gars censé te présenter le musée, l’endroit, donner leur impression de la visite — ça fait longtemps qu’on s’en fout complètement de savoir si ça a un lien avec Nichijō —, et tu les vois s’enfiler les verres de whisky à en devenir rouge et groggy. Ils sont géniaux.

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Là, j’ai nuke des épisodes entiers parce que bon les visites de cascades en bateaux, les passages à l’observatoire, les séances de pêches avec les seiyūs féminines, les après-midi dans un hôtel cinq étoiles et les balades sur un pont suspendu, voilà quoi. Mais j’ai gardé le déjeuner au restaurant de nagashi-sōmen : c’est la deuxième et dernière référence à Nichijō de ces bonus.


Contrairement aux précédents articles, les commentaires et explications ont l’air plus « hachés ». En effet, il y a énormément de passage purement et simplement inutile, mais à un point où la magie du montage ne peut les effacer tellement les enregistrements intéressants sont loin d’être légion. Ce qui ressort de Tanken Nichijō no Machi, c’est d’avoir vraiment eu affaire à des souvenirs de vacances. C’est marrant quelques minutes, et encore en forçant un peu, mais c’est un truc de taré de mettre des bonus en carton dans des volumes qui coûtent une blinde.
Sérieusement, il y a un problème quand tu achètes un anime pour finalement voir un Minoru Shiraishi et un Atsushi Itō carrément bourré au whisky. Cette bande de potes est allé dans tout le Japon et le trip a duré longtemps. En douze épisodes d’une dizaine de minutes chacun, ils sont allés dans un trentaine de lieux différents et tout aussi éloigné les uns des autres.
À chaque étape de leur tournée dans l’archipel, ils ont effectué des paris alakon, bouffé n’importe comment et n’importe quoi, visité tout et n’importe quoi, fait tout et n’importe quoi. Quelques fois, ils pensent un peu à rajouter de petites infos sur le monument ou le lieu touristique en question. Rares sont les fois où c’était réellement intéressant, alors que les lieux et les activités valent parfois le détour.

On peut néanmoins défendre la chose en se disant que ce sont des petits reportages touristiques, montrant le « côté humain » d’un anime, de voir que les gens derrière les feuilles de papiers sont des types normaux et de se dire que les endroits qu’ils visitent ont été choisi pour que les otakus aillent à la campagne ou que-sais-je. Mais même ça, c’est pas facile à défendre : c’est raté dans les deux derniers cas. À titre de comparaison, les coulisses de Little Witch Academia est, lui, beaucoup plus intéressant si on veut voir ce « côté humain ».
Par contre, le côté touristique est presque réussi, vu comment les gars arrivent tout de même à rendre certains bonus très vivant et naturel (quand on est vacances avec des potes, on est forcément naturel) et que les endroits donnent envie.

C’est habituel de voir dans des bonus des seiyūs aller visiter un truc ou tester une activité, mais avec toujours au minimum un lien même lointain avec l’anime dans lequel ils jouent. Les bonus japonais de Maria†Holic ont par exemple un entretien avec les seiyuus sur la série et l’event de l’avant-première de l’anime dans une chapelle, ceux de La Mélancolie de Haruhi Suzumiya des reportages avec Aya Hirano visitant le studio et faisant des live autre part. Les bonus français d’Eyeshield 21 qui ont un cours de football américain — oui bon, c’est présenté par Davy Mourier —, ceux d’Animation Runner Kuromi possèdent un atelier de doublage, un reportage sur le doublage d’un anime et les coulisses de la production de la série. En regardant les autres bonus de Nichijō, on peut légitimement s’attendre à des mini-reportages aux studios d’animation (Kyoto Animation et Animation Do, sa filiale d’Osaka) et d’enregistrement. On s’attend à voir ça quoi.
Là, on se retrouve avec une série de reportage touristique sans lien avec la série et qui, malgré le but touristique assez réussi, ne vaut rien. Je suis un seiyūfag et j’adore Minoru Shiraishi, mais là j’arrive pas à apprécier pleinement la chose. Ce sont des bonus montrant avec indécence les moyens qu’ils ont eu pour s’offrir des vacances tout frais payés et sans réelle justification.

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