[Multi-anime] Les reprises musicales dans les animes (3)

Note préliminaire : si vous êtes nouveaux ici, vous pouvez relire mes anciens posts sur les reprises musicales.

Cela fait plus d’un an que je n’avais pas continué cette série d’article sur les reprises musicales. inb4 j’avais la flemme Les deux précédentes me donnaient une bonne marge de manœuvre quant aux thèmes et aux fils directeur, mais c’est logiquement de moins en moins le cas au fur et à mesure du manque de « matières premières ». Ce troisième volet sera donc le dernier tagué « Multi-anime » pour les reprises musicales, puisque les prochains seront dédiés exclusivement à une série en particulier.
Histoire de préciser, ce type d’article n’a évidemment pas pour but de tout répertorier. Simplement de partager ces bouts de chanson, de parler de ces reprises, du pourquoi (s’il y a une raison précise) et de voir que les reprises sont parfois à des kilomètres des originaux.

Bref, allons de suite jeter un coup d’œil (et d’oreille) vers l’univers sucré des fées, en passant par l’un des syndromes les plus en vogue ces derniers temps pour enfin terminer dans la joie et la bonne humeur par de l’ALLEMAND.


A Little Snow Fairy Sugar

A Little Snow Fairy Sugar est un anime qui m’a toujours fait de l’œil depuis des années. Outre les quelques ressemblances avec le très bon Yumeiro Pâtissière – les petites fées aux doux noms de Sugar, Salt et Pepper, et… euh, oui bon vite fait hein —, que l’héroïne s’appelle Saga Bergman ou le fait que l’histoire se passe dans la fictive ville allemande de Mühlenburg et à Guttenburg dans le manga, je ne saurais dire grand chose de la série en elle-même.

Mais bon, ce qui nous intéresse ici, c’est avant tout son générique d’ouverture :

Un générique tout mignon et gentillet pour un anime qui l’est tout autant — à moins que ce spoiler soit aussi triste que la fin de Magical Doremi (j’en pleure encore sept ans après) —, la chanson Sugar Baby Love est interprété par la chanteuse Yoko Ishida, aussi interprète des génériques d’Ai Yori Aoshi, Ah My Goddess, Sailor Moon et Strike Witches.
Musicalement simple et entraînante, le générique nous montre en arrière-plan une petite partie du résultat du voyage forcé en Allemagne du directeur artistique Shichiro Kobayashi — son CV est cool —, avec l’utilisation de couleurs pastels et son envie de créer une atmosphère « sereine » et « confortable ». Cette chanson a le pouvoir étrange d’injecter à la fois une petite dose de bonne humeur façon insuline pour diabétique et un léger soupçon de mélancolie avec ses paroles — notamment dans sa superbe version longue.

C’est le type de chanson que j’aime écouter et fredonner à tue-tête tant il est entraînant et simple à s’en rappeler.

1974, nous sommes en plein dans les années à la fois cool et kitschissime à souhait musicalement. C’est donc en 1974 que sort le tube Sugar Baby Love par le groupe anglais The Rubettes. Et comme la chanson n’était pas assez kitsch, The Rubettes a aussi pour tradition sur scène de s’habiller comme au carnaval avec ses costumes blancs et ses casquettes rouges. C’était vraiment la belle époque où tous les groupes s’habillaient et dansaient n’importe comment, en plus de chanter n’importe comment.
Bref, c’est une chanson d’amour. Le chanteur nous baise langoureusement du regard, le public s’en cogne royalement comme dans n’importe quel tube d’époque et les paroles sont simplissimes au possible. C’était génial avant et ça l’est encore parce qu’elle est idiote et qu’elle RESTE DANS LA TÊTE.

À noter aussi qu’il existe une autre version japonaise de Sugar Baby Love : par le duo d’idol Wink (Sachiko Suzuki et Shoko Aida) en 1988, à une époque où presque toutes les idols avaient encore les cheveux noirs (!). Et elles ont aussi repris du Kylie Minogue.

J’aime bien cette version. On remarque encore (au moins visuellement) le côté kitsch…

Chu2koi / Futatsu no Spica

Chu2koi, ou de son titre complet Chuunibyou demo Koi ga Shitai!, est l’anime ayant marqué l’industrie de la japanime de par son empreinte profondément adulte et critique envers la société contemporaine. C’est tout simplement le premier thriller à aborder frontalement avec justesse et profondeur les thèmes de l’autisme, de la persécution scolaire, de la négligence parentale, de la schizophrénie, de l’automutilation, du suicide et des effets secondaires de la chimiothérapie.
Bah oui : une élève persécutée quotidiennement à l’école et abandonnée par sa famille, se réfugie dans un monde imaginaire qu’elle crée jusqu’à se qu’elle n’arrive plus à différencier le rêve de la réalité, et s’invente un personnage pour se justifier de se tailler les veines à plusieurs reprises, de vouloir se pendre et se défenestrer tous les soirs.
Sans compter le cancéreux de service qui perd ses cheveux au cours de la série…

Sans déconner, Miagete Goran Yoru no Hoshi wo est chanté dans l’épisode 10 par Maaya Uchida, la seiyū de Rikka Takanashi. L’utilisation de cette chanson dans cette scène, et globalement dans cette série, peut être expliqué par ses paroles. Cette version est par ailleurs très fidèle à l’originale.

Futatsu no spica est une série de 20 épisodes que je n’ai pas vu, donc inutile de trop en parler. L’héroïne rêve en gros de devenir cosmonaute, donc quoi de mieux qu’une chanson sentant les espoirs et les rêves au delà des étoiles ?

Miagete Goran Yoru no Hoshi wo est le générique de fin de cet anime. Il est fidèlement interprété par le groupe BEGIN, qui ont ensuite chanté d’autres génériques dont le dessin animé Lilo et Stitch.

Miagete Goran Yoru no Hoshi wo est une chanson de Kyu Sakamoto. Originellement, la chanson a été écrit pour une pièce musicale du même nom en 1960, et c’est seulement en 1963 que le morceau sort dans le commerce. Kyu Sakamoto est un grand chanteur japonais connu de tous, même des occidentaux. Ce monsieur est un monument de la chanson japonaise grâce à la chanson Ue o Muite Arukō, renommé en Sukiyaki pour son exportation à l’étranger. Vous avez probablement déjà entendu cette chanson ou son intro, voire des reprises modernes plus ou moins cachées.

La colline aux coquelicots / Hyōka

Cette fois-ci, c’est un peu particulier, dans le sens où ce n’est pas une reprise. En effet, dans le film La colline aux coquelicots, ce n’est pas une reprise mais une simple utilisation de la chanson d’origine. Dans la scène du film, elle est utilisé pour participer à cette atmosphère années 60.

Ue o Muite Arukō, ou Sukiyaki si vous avez bien suivi, fait partie des chansons qui, dès les premières notes, sont représentatifs d’une époque. C’est l’époque des Trente Glorieuses, la « Belle Époque » où de grands changements sociaux et sociétales s’opèrent, où toute une nouvelle génération connaît la prospérité après de dures années d’après-guerre. Cette époque est l’un des gros points forts du film, qui ne brille guère par son scénario ou ses personnages, mais par son ambiance sentant à plein nez le « c’était mieux avant ».

Alors que dans Hyōka, c’est véritablement une reprise puisqu’il y a de nouveaux interprètes et de véritables arrangements. C’est dans l’épisode 12, durant la période-clé du festival du lycée, que l’on peut entendre la reprise. Au premier jour du festival, Hōtarō garde la salle de club et regarde par la fenêtre un groupe de lycéen chantant a capella diverses chansons, dont Sukiyaki.
À noter que dans l’OST de la série, Sukiyaki possède deux versions différentes : l’un a capella (qui est dans l’anime), et l’autre où les chanteurs interprètent Sukiyaki comme un morceau de jazz bien fichu et avec la petite musique jazzy qui va bien.

Sorti en 1961, c’est LA chanson qui a fait de Kyu Sakamoto un artiste ultra reconnu, non seulement au Japon et en Asie, mais aussi dans le monde. Sukiyaki fait partie des singles les plus vendus au monde, avec ses 13 millions d’exemplaires. Il est la seule chanson ayant atteint la première place des charts américains et reste la seule chanson d’une langue non indo-européenne à avoir atteint le haut de ce classement.
Il existe une tonne de reprises de cette chanson, parfois vraiment étonnante comme celle-ci (dont les paroles n’ont rien avoir avec l’originale).

Hellsing Ultimate

J’ai de très bons souvenirs d’Hellsing Ultimate. Cette série d’OAV a tant de moments fabuleux que je garderai de très bons souvenirs de la série, alors que les 3 premiers OAV m’ennuyait bien méchamment et que chaque apparition d’Alucard me donnait une raison suffisante d’arrêter la série.
Puis sont arrivés les nazis, avec leurs cargaisons de charisme et de folie frénétique débarquant de leurs dirigeables. *larmes viriles*

Que dire ? La guerre c’est mal ? Schrödinger est mignon(ne) en uniforme des jeunesses hitlériennes ? Des V2 s’abattent sur Westminster, Tower Bridge, un bus à impériale puis sur la London Eye ? Que l’otarie rose sur le zeppelin est une référence à l’opération Seelöwe (lion de mer) ? Que les persos qui font les otakus à la fin viennent du délire de mangaka Kōta Hirano et qu’ils auraient pu mettre le Hare Hare Yukai ?

Das Engellandlied est un chant militaire allemand mis en musique par Herms Niel et « écrit » par Hermann Löns. Au départ, c’est un poème d’Hermann Löns publié dans le recueil de poème Der Kleine Rosengarten / Le petit jardin de rose. C’est à partir de sa mise en musique par Herms Niel que le morceau devient connu et sous plusieurs titres : Heute wollen wir ein Liedlein singen, Engelland lied, Gegen Engeland, Wir Fahren gegen Engelland ou encore Matrosen Lied — Chant des marins.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Das Engellandlied n’est pas vraiment une chanson nazie, mais est devenu effectivement populaire durant cette période grâce à Niel — qui lui à sa carte au Parti. L’auteur Hermann Löns est mort au tout début de la Première Guerre mondiale et les paroles font plus référence à cette période qu’à l’autre.
Notez le double sens dans le titre en allemand : « Engelland », qui signifie « pays des anges », est très proche de « England » soit Angleterre.

Par ailleurs, il existe une version française par les forces parachutistes. Il a été importé par les soldats d’origine allemande de la Légion étrangère durant la Guerre d’Indochine, puis reprises par les paras.

L’autre reprise qui n’en est pas totalement une se trouve dans le même OAV :

Ayant la particularité de pouvoir diriger ses balles à l’envie, Rip Van Winkle doit protéger dans cette scène le porte-avions qu’elle vient de capturer. Elle est doublée par Maaya Sakamoto, qui ici chante Der Freischutz, un opéra allemand comme le précise un des soldats vampires. Outre le fait que ça rend plus classe et plus psychopathe le personnage, la chanson et l’opéra d’où elle en est tiré est loin d’être anodin.

Et notez que précédemment cette scène, Rip Van Winkle chante Das Engellandlied.

Der Freischutz est donc un opéra allemand de Carl Maria von Weber — c’est un mec — créé le 13 mai 1820 et joué l’année suivante. L’opéra est considéré comme l’un des premiers opéras romantiques et un des plus célèbres du répertoire romantique allemand.
Der Freischutz est inspiré d’un conte populaire germanique, dont l’histoire fait écho avec la scène de Rip Van Winkle : le héros fait un pacte avec un démon afin de remporter un concours de tir et ainsi se marier avec la femme qu’il aime. Pour cela, le démon lui donne… des balles magiques obéissant à la volonté du héros.

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Et ce sera tout pour cet article. À la prochaine.

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